Ça y est ! Le cinéma italien se réveille enfin de la longue crise berlusconienne dans laquelle il était plongé. De cette renaissance nous arrive une série de films qui bousculent genres et sexualités avec insolence et détermination. Qu’ils soient politiques, en prise avec les maux de la société italienne comme la mafia dans "Il sud è niente", ou l’atmosphère raciste de certaines régions du nord dans "Piccola patria", qu’ils soient intimistes dans deux superbes récits sur des adolescents livrés à eux-mêmes : "Incompresa" d’Asia Argento, et "Più buio di mezzanotte", les films présentés à Pink Screens tirent le portrait d’une Italie qui cherche à se réinventer, loin des clichés habituels et de la sacro-sainte famille. Tout comme le rappelle Vincent Dieutre, dans "Orlando Ferito", son superbe film hommage à l’héritage de Pier Paolo Pasolini : "Je sais qu’il se joue en Italie quelque chose du destin de l’Europe. Mais quoi ?"
Le Sicilia Queer Filmfest en est à sa cinquième édition et il s’efforce encore et toujours de traiter les thématiques touchant au genre et aux sexualités différentes grâce à des films mêlant intelligence, intimisme et recherche esthétique. Cette ligne se retrouve dans les choix de programmation du festival Pink Screens avec entre autres le précité "Orlando Ferito" de Vincent Dieutre (France, 2013) ou "Più buio di mezzanotte" de Sebastiano Riso (Italie, 2014). Documentaires, journaux intimes, fictions, peu importe, ces films dépassent les frontières des genres cinématographiques. Ils mettent en avant tout ce que la Sicile réussit à inspirer aux réalisateurs, insulaires ou non, qui la dépeignent telle qu’elle est : durement touchée par la crise économique, sociale et morale, mais ayant toujours la rabbia, comme disait Pasolini, la rage de s’en sortir.
Jeune cinéma italien