Un film sur l’absence. Et sur l’amour. Sur la prison aussi, mais en creux. "A côté" s’intéresse à l’extérieur : on y entend beaucoup parler de parloirs et d’administrations pénitentiaires, mais on n’y va jamais. On reste à côté, dans une maison d’accueil accolée au mur de la prison des hommes de Rennes, où les proches de détenus viennent (parfois de loin) pour attendre... l’heure d’une visite parfois improbable. C’est dans ce rare lieu où les familles peuvent se rencontrer, s’échanger des informations et se remonter le moral que Stéphane Mercurio a planté sa caméra. Sa présence a indéniablement libéré la parole, tant les témoignages de femmes qu’elle a rapportés sont forts et sensibles. Niées par la société et méprisées par l’administration, ces femmes ont vu dans son film une possibilité de s’exprimer... et peut-être même d’être entendues.
– L’occasion de lancer un débat sur les rapports qu’entretiennent les lieux d’enfermement avec leur environnement extérieur. Comme c’est le cas de la plupart des nouvelles prisons et notamment du projet à Haren (censé regrouper une maison de peine et une maison d’arrêt pour hommes destinées à remplacer celles de Saint-Gilles et Forest, une prison fermée et une prison "ouverte" pour femmes en remplacement de la prison de Berkendael), l’éloignement de la prison du coeur des villes n’enferme-t-il pas doublement les détenus en les distanciant encore plus de leurs familles, de leurs avocats et en les reléguant loin des yeux de la cité ?