En pleine vague porno-chic, le producteur français Anatole Dauman propose à Ōshima de tourner un "porno intellectuel". Il mettra en scène l’histoire vraie d’Abe Sada, prostituée devenue servante puis maîtresse de son employeur, avec qui elle développe une passion charnelle de plus en plus intense, jusqu’au crime passionnel. Le film est tourné au Japon, mais la pellicule doit être développée en France pour échapper à la censure nippone. Le film fait scandale un peu partout et triomphe là où il n’est pas interdit. Il sort en France (interdit aux mineurs) mais reste invisible au Japon jusqu’en 2000 (dans une version encore censurée). Ōshima est poursuivi dans son pays pour obscénité (il sera jugé innocent).
En Belgique, le film sort dans trois salles, dont le Studio Arenberg, c’est-à-dire le Nova actuel ! Après 48h, sur intervention du Parquet, les copies sont saisies à Bruxelles et le film est interdit, l’exhibition d’images contraires aux bonnes mœurs étant condamnable. Le film passe encore pendant 12 jours à Maaseik avant que le Parquet de Tongres n’ordonne également la saisie, sans doute sous pression de son équivalent bruxellois. Trois personnes (les exploitants des salles bruxelloises et la distributrice) seront condamnées à de lourdes amendes et des peines de prison avec sursis ! La presse ironise à l’époque sur le fait que le seul moyen de voir le film est de travailler au Palais de Justice, où il est projeté à chaque étape du jugement... Après quelques projections clandestines ou privées de-ci de-là, le film ressort finalement en 1994, sans réaction de la Justice.
L’empire des sens
Réalisation
Année
1976
Format
35mm
Version originale
Sous-titrage
fr
&
nl
Durée
107 min.
Droits
Argos-Tamasa
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Séances
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08.12.2013
> 21:00
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5€ / 3,5€
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