Pourquoi les immeubles de bureaux continuent-ils à pousser dans une ville où de très nombreux bureaux restent vides ? Pourquoi et quand les fonctions tertiaires sont-elles plus rentables que le logement ? Pourquoi l’immobilier reste-t-il malgré la crise une valeur stable dans certains pays, tandis que dans d’autres comme l’Espagne ses cours ont plongé en touchant de plein fouet les petits propriétaires mais en épargnant les banques et les investisseurs ? D’où viennent les fonds et les plus-values alimentant la promotion immobilière qui ne cesse de refaçonner nos villes ?
Après la projection de "Home Sweet Home" et à partir d’exemples bruxellois, notamment les investissements massifs dans le logement de standing qui se déploient actuellement sur les rives du canal, Pierre Marissal (géographe et membre du comité de quartier L’Ouest en débat à Molenbeek) lancera le débat en nous donnant sa lecture des mécanismes par lesquels les dérégulations socioéconomiques de ces trente dernières années transforment la question du logement, modifient le rôle qu’y jouent la spéculation immobilière et les pouvoirs publics, avec de multiples conséquences sociales, urbanistiques et politiques.
+ Home Sweet Home
En 1997, Tony Blair se rend dans le quartier londonien d’Elephant & Castle, le plus grand complexe de logements sociaux d’Europe, pour dévoiler son projet de réhabilitation des quartiers sensibles. La population se réjouit, l’ère Thatcher s’achève enfin, un avenir radieux s’annonce... Quinze ans plus tard, les habitants déchantent. Le projet ne semble pas avoir été conçu pour eux et aucun logement social ne sera construit. Après la crise financière de 2008, les caisses sont vides et la municipalité entend rentabiliser au mieux cet impressionnant espace, situé au cœur d’une des villes les plus chères du monde. Peu à peu, la loi du marché et de la spéculation immobilière s’impose...
Tourné sur quatre ans, "Home Sweet Home" propose une plongée sensible et vivante dans ce quartier où les habitants tentent de faire valoir leur droit à être relogés. Habité par une truculence et un humour typiquement anglais, le film mène une réflexion plus large sur un phénomène touchant toutes les grandes villes de la planète : l’exclusion des habitants les plus défavorisés et leur éloignement vers les périphéries.