En 2008, le monde assiste à ce que l’on a appelé "les émeutes de la faim". Les populations manifestent contre la hausse des prix des produits de première nécessité, en Côte d’Ivoire, à Haïti, au Cameroun, au Sénégal,…
Devenues source de nouveaux profits, notamment depuis la crise financière, les investisseurs privés s’en donnent à cœur joie sur les marchés des matières premières agricoles. Le nombre de pratiques spéculatives a littéralement explosé. La part de marché des spéculateurs sur les marchés à terme est ainsi passée de 12% en 1996 à plus de 60% en 2011. Les spéculateurs peuvent échanger chaque année jusqu’à 46 fois la production annuelle mondiale de blé et 24 fois celle du maïs. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : la dérégulation, la présence de nouveaux acteurs et la progression exponentielle du commerce de gré à gré de contrats à terme.
Toutefois, il y a différentes sortes de spéculateurs. Ceux qui permettent de pallier les effets de hausse et baisse des prix et ceux qui exacerbent les cours du marché. Comment réguler le secteur et éviter les pratiques abusives ?
Suite à la projection de "Planète à vendre", aura lieu un débat avec Arnaud Zacharie. Secrétaire général du CNCD-11.11.11., ancien porte-parole d’Attac-Belgique, il milite pour une taxe sur les transactions financières et est spécialisé dans les politiques de coopération au développement.
+ Planète à vendre
Voyage sur trois continents à travers la mainmise des pays riches et émergents sur les terres cultivables dans le Tiers monde. Dénoncé depuis plusieurs années, le phénomène d’accaparement des terres et de spéculation sur les matières premières agricoles continue d’affamer le monde et de développer la misère.
Pour certains pays riches et émergents (péninsule arabique, Inde, Chine, Japon...), l’accaparement des terres arables est une véritable course contre la montre pour assurer leurs souverainetés alimentaires dans les décennies à venir, mettant en péril celles des pays touchés par ce phénomène. Jacques Diouf, l’ancien Directeur général de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en vient à déclarer : "c’est le risque d’un nouveau néocolonialisme agraire". Les paysans sont démunis face à ces investissements massifs. Dans les pays du Sud, faire valoir leur droit à la terre relève souvent de l’impossible, et les paysans se retrouvent privés de leur principale source de revenus.