Considéré comme l’un des meilleurs documentaristes britannique, Adam Curtis s’attache dans tout son travail à montrer comment les différentes élites tentent d’imposer leur idéologie sur leur temps. Dans "The Mayfair Set" (composé de 4 épisodes indépendants qui reçurent le prix de la meilleure série Outre-Manche, et dont nous ne montrerons ce soir que les n°2 et n°3), Curtis démontre à nouveau son talent en donnant un visage à la révolution économique néolibérale dont Thatcher constitue le fer de lance sur le plan politique.
+ The Mayfair Set #2 : Entrepreneur Spelt S.P.I.V.
Le "Big Bang" de la dérégulation financière orchestrée par Thatcher constitue l’une des mesures phares de son règne. Pourtant, l’origine de ce tournant majeur dans l’histoire du capitalisme est à chercher quelques années plus tôt, dans les pratiques ultra-agressives mises au point par des spéculateurs d’un genre nouveau. Alternant images d’archive, interviews des principaux acteurs de l’époque et analyses contemporaines, ce documentaire retrace la genèse de cette révolution financière qui voit les structures de direction des entreprises se faire renverser par de jeunes loups n’ayant d’yeux que pour les cours de la bourse et la rentabilité financière.
+ The Mayfair Set #3 : Destroy the Technostructure
Dans cet épisode, nous franchissons l’Atlantique, au début des années 80, sous l’ère Reagan, l’éternel complice de Thatcher. Pour tous deux, la régénération économique de leur pays passe forcément par la bourse et les marchés financiers, solution à tous les problèmes. Dans ce contexte, la nouvelle vague de spéculateurs que nous avons vu éclore dans le précédent épisode se jette ici sur les grandes compagnies industrielles américaines à coup d’OPA hostiles, n’hésitant pas à démanteler les structures industrielles estimées peu rentables au regard des nouvelles exigences de rentabilité financière.