Le mani sulla città

Main basse sur la ville

Dès les premiers plans aériens d’une Naples en proie à un urbanisme sauvage, la sensation quasi documentaire de "Main basse sur la ville" crève l’écran, pour ne jamais quitter le spectateur. Dans les quartiers pauvres de la ville, de vieilles cités font l’objet de la convoitise de promoteurs privés qui veulent les raser pour y édifier des immeubles d’un autre standing destinés bien sûr à une clientèle plus aisée. Mais en dehors de leurs activités "privées", les promoteurs sont parfois aussi les garants de l’intérêt "public". C’est le cas de M. Nottola (Rod Steiger), qui cumule ses projets immobiliers avec un poste d’échevin à la mairie napolitaine. Un beau cas de figure, qui aurait pu mener Francesco Rosi à réaliser une simple satire de la situation politique napolitaine. Mais il n’en est rien. Mené à un rythme haletant, comme le récit d’une investigation sur fond de campagne électorale, "Main basse sur la ville" est un film sans concession qui dresse un constat implacable sur l’urbanisme, le clientélisme et la collusion entre le monde des affaires et la politique. Le voir ou le revoir aujourd’hui, c’est se prendre une claque. Car cette métaphore sur le délabrement politique d’une ville pourtant en pleine expansion économique, porte bien au-delà de Naples et de la politique des années 60.

Réalisation
Francesco Rosi
Année
1963
Format
35mm
Version originale
Sous-titrage
fr
Durée
105 min.
Séances
21.10.2012 > 22:00
5€ / 3,5€
7,5€ / 6€ (soirée / avond)