Autour d’Alasdair Roberts

Pas toujours simple de se passer d’étiquettes et de petites cases, et les lieux "alternatifs" n’échappent pas à la règle. Ce qui touche à la tradition n’est pas une priorité au Nova. Et même si ailleurs le "folk" fut à la mode ces dix dernières années, c’est plus souvent son aspect éthéré, mâtiné d’autosuffisance cachée sous de la timidité de bon ton qui a séduit et a été mise en avant.
Ce soir, Michael Powell, qui ouvre le bal avec un film époustouflant lance cette soirée sur une autre piste. Avec "Handbal’ at Kirkwall, Orkney" (1939), "New Year Fireball Festival, Stonehaven" (1965) et "The Burry Man of South Queensferry" (2000-02) trois courts présentant d’étranges coutumes écossaises, elle se poursuit, creusant ainsi un sillon vernaculaire véritable culminant dans "Here’s a Health to the Barley Mow" (1965) qui décrit un pub anglais et ses vieux vivants, chantant, dansant.
Nous vous invitons ensuite à venir voir et entendre Alasdair Roberts. Pas un néo-folkeux de plus ni un musicien de musée, mais un artiste empruntant une voie bien à lui, les deux pieds dans la tradition musicale qui est la sienne. Comme Ben Rivers ou Luke Fowler, il jouit d’un certain succès ou plutôt d’une reconnaissance certaine, en proposant une interprétation. C’est peut être là que le mot "folk" prend son sens, lorsque on s’attache moins à la création (chez lui pourtant présente et pertinente) qu’à cette interprétation qui rassemble et singularise chaque acteur présent selon sa pratique. Son jeu de guitare très riche et sa voix perchée délivrés par un corps anguleux, une présence farouche et crâne seront sur la scène du Nova, soulignés par deux films de Luke Fowler en 16mm ("Advance the Unknown’" et "Under No Enchantment") projetés simultanément.

Séances
19.05.2012 > 22:00
7,5€ / 6€ (soirée / avond)