Wilhelm Hein amène avec lui un programme unique composé de films réalisés par les actionnistes viennois, un collectif composé d’artistes singuliers, parmi lesquels Otto Mühl, Günter Brus et Hermann Nitsch. Entre 1960 et 1971, ceux-ci ont choqué le public avec un art performatif extrême : des happenings dans lesquels les protagonistes se montraient nus, exhibant des actes de violence sexuelle extravagants et s’arrosant de toutes sortes de fluides corporels. Ces précurseurs de la performance et du body art postulaient que l’exhibition du corps dénudé, la violence excessive et l’explosion des tabous étaient des thèmes centraux pour une critique sans compromis de la société de consommation et de ses excès. Ils ont été une source importante d’inspiration pour le Cinéma de la Transgression. Des cinéastes expérimentaux, comme l’autrichien avant-gardiste Kurt Kren, ont enregistré les performances d’actionnistes viennois sur pellicule. Deux programmes vous confronteront à leurs expérimentations extrêmes qui ne sont, qu’on se le dise, absolument pas recommandées aux âmes sensibles.
Le premier programme présente "Sodoma", compilation du travail de l’anarchiste Otto Mühl (16mm, 70 minutes). Après une petite pause sans (aucun) doute nécessaire, on vous servira encore l’unique "Impudenz im Grunenwald" d’Otmar Bauer et Otto Mühl, la performance "Zerreisprobe" de Günter Brus et quelques films de Kurt Kren (e.a. "Mama und Papa" et "Ana-Aktion").