J’ai grandi dans une banlieue de Baltimore bordée de haies mal entretenues, de pelouses et de porches négligés, de jardins avec piscine jonchés de pièces automobiles, avec, à chaque coin de rue, une église ou un bar. Ce quartier situé à la périphérie de la ville a énormément inspiré mon travail et sert de décor à "Putty Hill".
Entre 2007 et 2009, j’ai écrit un scénario original, "Metal Gods", un conte sur le passage à l’âge adulte mettant en scène des jeunes fans de heavy metal aux abords de la ville de Baltimore. Le scénario était fin prêt, nous pensions pouvoir démarrer le tournage au cours de l’été 2009, mais notre financement est tombé à l’eau. Dans la foulée, j’ai écrit un autre scénario, reprenant la plupart des acteurs de "Metal Gods" et d’autres, rencontrés en cours de route, avec lesquels je rêvais de collaborer. Sur le papier, ça consistait en un texte descriptif de cinq pages, avec une seule réplique et quinze lieux dans lesquels je voulais tourner. Mais au fil de la production, c’est devenu tout autre chose : une oeuvre intensément collective et remplie de magie. (...) Mais surtout, même si le film s’appuyait sur une véritable structure, les scènes ont été pour la plupart improvisées, ce qui insuffle de la vie aux dialogues et donne plus de naturel aux rapports entre les personnages. J’avais déjà créé de solides liens avec mes acteurs en préparant "Metal Gods", ils me faisaient donc suffisamment confiance pour se mettre à nu et offrir les émotions sincères qui trouveraient un écho chez les spectateurs.
– Matt Porterfield