A l’aube, les animaux pénètrent par centaines dans l’abattoir. Des hommes les réceptionnent, la mise à mort est la première étape de leur transformation. La chaîne, une fois alimentée, imprime le rythme de travail : la nature animale, comme le savoir-faire de l’ouvrier, sont soumis à la cadence... Pour son premier film, Gaëlle Komàr aborde un sujet tabou dans notre société où la consommation de viande est une habitude complètement déconnectée de la réalité de sa production. Ramenant d’impressionnantes images d’un abattoir industriel de taille moyenne, semblable à celui d’Anderlecht, elle nous montre le quotidien des ouvriers et la froideur mécanique de la mise à mort de l’animal, organisée en chaîne quasi robotisée. Un très beau travail de cinéma qui évite le piège de l’esthétisme et du voyeurisme, repose davantage sur le travail d’image et de son que sur la parole, laissant ainsi le spectateur penser par lui-même.
Cette projection en avant-première sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice et des membres de l’Unité 21 de l’école La Cambre-Horta, qui ont travaillé pendant trois ans avec leurs étudiants sur le site des Abattoirs d’Anderlecht. Ils nous livreront les réflexions qu’ils ont soulevées sur des sujets comme la chaîne d’abattage (basée sur la séparation entre l’élevage et la mise à mort), sa traditionnelle invisibilité, la présence d’un abattoir en milieu urbain et sa compatibilité avec d’autres fonctions...