Film & débat : Autour du Groupe d’Information sur les Prisons

° Film :

+ Les prisons aussi

Hélène Châtelain & René Lefort, 1973, FR, 16mm > video, vo fr , 92'

Après les révoltes en prison de 1971, le Groupe Information Prison (GIP) décide de briser le silence. A quoi sert la prison ? Que se passe-t-il à l’intérieur de ses murs ? En produisant ce film à charge sur la situation carcérale et la condition pénitentiaire — dont la réalisation est confiée à Hélène Châtelain (l’actrice de "La jetée" de Chris Marker) et René Lefort —, le GIP lève un tabou et libère la parole d’anciens détenus et d’ouvriers, mettant à jour les contradictions d’un système fondé sur l’exploitation et la répression. Une parole brute, pudique, lucide.


° Conférence-débat :

Le GIP a été créé en 1971 par, e.a., Daniel Defert, Gilles Deleuze, Jean-Marie Domenach, Michel Foucault, Danielle Rancière, Pierre Vidal-Naquet qui l’ont dissout deux ans plus tard, lorsque d’autres collectifs ont pris la relève. Le GIP est une expérience marquante et inspirante à bien des égards. Il a su rassembler des détenus, ex-détenus, familles de détenus, aumôniers, travailleurs sociaux et psychiatres autour d’une volonté commune de pratiquer une "intolérance active" contre l’intolérable : la prison. Il s’est instigué comme instrument de relais et non comme porte-parole des prisonniers. Il a organisé des manifestations, publié des témoignages, rédigé des tribunes et des tracts, produit un film, etc. Il a soutenu les prisonniers et leurs révoltes, il a transporté leur savoir et leurs revendications en dehors des murs de la détention, sans poser de conditions à ce soutien. Il s’est adressé aux magistrats et avocats afin d’étayer davantage encore les informations reprises sur les conditions de vie et de défense des prisonniers. En un mot, le GIP a cultivé une pluralité polymorphe et hétéroclite, il a brisé les silences et les hiérarchies de pouvoir, afin de mener une entreprise de questionnement et de problématisation qui venait renforcer les révoltes menées par les prisonniers.

C’est à partir de l’analyse des archives du GIP que parleront nos invités : Philippe Artières (historien et président du centre Michel Foucault) et Benedikte Zitouni (sociologue urbaine à la VUB et membre du Groupe d’études Constructivistes de l’ULB).

Deux textes sur le GIP sont consultables en ligne sur :
http://blog.nova-cinema.org/gip

Séances
13.12.2009 > 18:00