"C’est moi qui suis venu vous voir et qui vous ait dit : je vais ouvrir une mosquée, je veux devenir un bon muslim, je sais que je vous paye pas à la sueur de votre front, parce que je vous paye qu’au SMIG, je me fais un petit peu d’argent, on appelle ça de la plus value, et ben cette plus value, je peux la réduire. Un petit peu. Mais pas trop quand même, il faut pas exagérer !"
— Mao, le patron de "Dernier maquis"
"De l’art alchimiste de transformer un maigre patrimoine de bois en or filmique, artistique et politique. Rabah Ameur-Zaïmeche est de ces cinéastes qui ne voient pas la ligne d’arrivée quand ils démarrent un film : aveuglement partiel qui est un beau moyen d’arriver quelque part et de faire du cinéma comme processus de dévoilement d’un monde, d’une vision, d’une histoire".
— "Les Inrockuptibles", 22 octobre 08
"Pour créer son site fictionnel, pour faire rentrer une bonne partie du monde dans son microcosme, Ameur-Zaïmeche n’a eu besoin que de quelques milliers de palettes rouges empilées sur un chantier de banlieue parisienne survolé par une ligne aérienne et bordé d’un canal reconquis par la nature. Le passage d’un avion dans le ciel banlieusard a-t-il jamais eu telle amplitude poétique ? Il y a du Godard dans cette manière de produire des signes sublimement ambigus avec les fragments inaperçus de la trivialité quotidienne".
— "Les Cahiers du cinéma", octobre 2008
"Les palettes sont le coeur du film. Ce rouge, ça sautait aux yeux... La palette est la preuve éclatante du côté archaïque de tout système de production. C’est un objet central dans le transport des marchandises, et en même temps un objet élémentaire, un assemblage ingénieux de morceaux de bois qui n’a de valeur que fonctionnelle. (...) Elles nous ont obligés à nous concentrer sur elles, quitte à abandonner des personnages et des scènes. Elles nous ont surtout aidé à mettre de côté le scénario et à travailler autrement, non plus avec un script,mais avec une sorte de séquencier, des feuilles de toutes les couleurs sur lesquelles étaient écrits les titres des scènes, et que l’on disposait comme un puzzle. (...) Le meilleur, c’est que ce plateau composé de milliers de palettes rouges était toujours mouvant, sans cesse déplacé par l’activité humaine".
— Rabah Ameur-Zaïmeche