Mourir n’est pas chose facile. "Ma propre mort" retrace la longue méditation d’un homme victime d’un infarctus et qui voudrait, avant d’entrer dans l’au-delà, laisser une trace brute de l’expérience qu’il est en train de vivre. Avec ce film, Forgács signe son premier long métrage de fiction sur le texte éponyme de l’écrivain et dramaturge Péter Nádas. Une unique voix off masculine, lancinante, nous narre le récit à la première personne d’un affaiblissement physique allant jusqu’à frôler la mort, accompagné par la musique de Víg Mihály, compositeur attitré de Béla Tarr. À l’image, une suite de photos fixes en noir et blanc comme dans "La jetée", de Chris Marker, avec parfois des pointes de couleur et des fragments filmés, mais montrés en ralenti ou par à-coups. C’est de la recherche à l’état pur, le film retrouve en son procédé la prosodie de "India Song" de Marguerite Duras. On avait rarement vu depuis, une telle osmose entre littérature et cinéma.
En présence du réalisateur.