Shûji Terayama a exploré ses thèmes de prédilection et renforcé son style en expérimentant. Sa filmographie compte une quinzaine de courts métrages expérimentaux fantasmagoriques, renvoyant parfois à d’autres projets filmiques ou dramaturgiques. D’un style toujours soigné et d’une grande force visuelle, la poésie de ses films est souvent renforcée par une musique envoûtante (presque toujours composée par son compère J.A. Seazer).
Certains s’inspirent de ses créations de théâtre participatif et intègrent des éléments interagissant avec le public. Deux films-performances seront ainsi montrés ce soir, grâce à la participation d’Henrikku Morisaki, qui présentera également l’ensemble des films de la soirée et l’oeuvre de Terayama. Henrikku fut un partenaire fidèle de Terayama pendant de nombreuses années : assistant-script sur ses films, acteur, chargé du son pour le théâtre, photographe et graphiste pour ses publications...
(Transcription de la rencontre disponible ici ou encore ici (traduction anglaise)).
+ The Cage
Faisant penser à "Lucifer Rising" de Kenneth Anger à beaucoup de niveaux, "La cage" est un film-collage surréaliste aux motifs mystiques et envoûtants, son tout premier.
+ Shadow Film : A Woman With Two Heads
Des ombres figées, la vie continue. Un regard triste sur le passé.
+ The Reading machine
L’invention folle d’une machine à lire, sur des thèmes et dans un style visuel et musical rappelant les débuts de Peter Greenaway.
+ A Tale of Labyrinth
Le transport d’une porte ouvrant vers l’imaginaire, comme un écran, thème récurrent chez Terayama. Une rêverie déglinguée.
+ Laura
"Hé vous, là-bas ! Vous vous croyez malin à regarder des films artistiques ? Allez, avouez, vous êtes là pour le cul !"
+ Der prozess
Une exploration sado-masochiste du clou, entre fascination et phobie, tension sexuelle et répulsion. Un film étrange et éprouvant à la fin duquel le spectateur est invité à intervenir pour un défoulement bien mérité.