La Joliette, c’est le nom désuet et poétique de ce quartier en bordure du port de Marseille. Ce bout de ville vivant et populaire fait aujourd’hui les frais de la nouvelle politique urbaine de city marketing. Celle qui parle aux riches, à la compétitivité et chasse les pauvres. C’est cette transformation orchestrée par le politique et les promoteurs que Florence Lloret nous conte caméra au poing au travers du témoignage de nombreux habitants acculés à abandonner leur habitat central pour migrer vers les quartiers Nord. Des quartiers concentrant 80% des logements sociaux et coupés de toute liaison vers le cœur de la cité.
Cette mutation des villes cosmopolites en marché de l’international qui fait fi de leurs habitants n’est pas propre à Marseille. Tandis que là-bas le maire affirme sans ambages : "Il faut nous débarrasser de la moitié des habitants de la ville. Le cœur de la ville mérite autre chose", à Bruxelles, le plan de city marketing, sous le nom de Plan de développement international, assène qu’il faut "assurer des flux sortants des zones d’interventions prioritaires pour éviter le confinement de la pauvreté dans des ghettos sociaux et assurer des flux entrants en stimulant l’installation des classes moyennes dans les zones d’interventions prioritaires". La recette : vendre la ville aux investisseurs et créer des pôles d’attractivité sur les dernières réserves foncières de la ville. Toute ressemblance...
La projection sera suivie d’une discussion sur le "développement international" de Bruxelles, avec notamment Mathieu Van Criekingen (laboratoire de géographie humaine de l’ULB).