*"Depuis que j’ai une caméra en main et sans jamais d’autre raison que ma façon d’exercer mon métier de cinéaste, j’ai été inculpé une dizaine de fois, j’ai passé quelques années en prison, on m’a tiré dessus un nombre de fois que je n’ai jamais essayé de calculer, j’ai été expédié quatre ou cinq fois à l’hôpital, par balle, accident provoqué ou matraque... On m’a volé de la pellicule, on m’a volontairement voilé des bobines entières, je n’ai jamais pu faire un film sur la culture de ma grand-mère, en langue bretonne..." (extrait du film de Jacques Royer, "Vautier l’indomptable"). Né en 1928, René Vautier entre dans la Résistance en Bretagne à l’âge de 15 ans et, peu après la guerre, il choisit pour arme la caméra. A 21 ans, engagé par la Ligue de l’enseignement pour filmer en Afrique Occidentale française, il est scandalisé par la violence coloniale et décide de montrer ce qu’il voit. Les quelques bobines sauvées permettront de monter Afrique 50, considéré aujourd’hui comme le premier film anticolonial français. En 1957, il part en Algérie filmer la guerre d’Indépendance, installé dans le maquis du FLN. Beaucoup de ses films ont disparu, ainsi que la plupart des témoignages d’algériens reconnaissant formellement le lieutenant Le Pen comme leur tortionnaire, qu’il rendra publics en 1988, dans A propos de l’autre détail et dont il retrouvera les archives détruites. Voilà donc un Monsieur dont la rétrospective complète ne sera jamais possible.
La liberté d’expression, René Vautier ne cesse de la saisir et d’en éprouver les limites. En tant que réalisateur, producteur ou acteur, il a participé à environ 180 films. Déjà invité pour la "Fête berbère" en 2000, ce sacré personnage sera à nouveau présent pour introduire les séances et répondre à vos questions.*
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