*"Mon apport est un moment fortuit de l’histoire du cinéma en Belgique et, pour la Fleur Maigre, l’expression fugace d’un devenir social et peut-être culturel wallon, dans sa pénible caricature européenne" (propos receuillis par Roger Mounèje).
Né en 1920, Paul Meyer découvre très tôt la lutte des ouvriers belges. Il rejoindra les antifranquistes en Espagne en 1937, puis la résistance pendant la guerre. Il sera metteur en scène et scénographe dans différents théâtres, pour la jeunesse à l’Agiprop. Il se tourne ensuite vers la télévision flamande. En 1955, il réalise Klinkaart, dénonçant le droit de cuissage dans une briqueterie. Scandale en Belgique, succès à l’étranger. Plus tard Meyer reçoit de l’Instruction publique la commande d’un court-métrage propagandiste sur l’adaptation "réussie" des enfants d’ouvriers immigrés : "Déjà s’envole la fleur maigre" devient un long métrage de fiction fort expérimentale dans sa réalisation qui tend vers l’universalité sans travestir les faits. A peine sorti, malgré une reconnaissance (inter)nationale, le film est remis dans sa boîte par les autorités. Accusé de détournement de "biens publics", Paul Meyer devra rembourser toute sa vie. Suite au triomphe en 1994 de La Fleur Maigre sorti en France, Meyer termine son ultime scénario de long métrage avec sa compagne, Anne Michotte (aussi notre invitée), et commence à tourner "La mémoire aux alouettes" en 2000. Mais le tournage est interrompu aux deux tiers pour de fâcheuses questions de production. Cependant, un espoir persiste à ce qu’il reprenne... En attendant, bienvenue au Nova, Monsieur Meyer !*
Paul Meyer