Pedro Costa

*Comment expliquer qu’un cinéaste venu du long-métrage, du 35mm, des festivals-pingouins, puisse un beau jour laisser tomber tout ça pour en revenir à l’extrême simplicité : filmer seul et en DV un personnage à la dérive, dans un geste cinématographiquement épuré.
Que s’est-il passé pour expliquer cette métamorphose ? Lors de son passage à Bruxelles, Costa a utilisé le mot de "mysticisme" pour parler de son rapport aux personnages du film. Et c’est peut-être ça le mot clé. Costa nous donne l’impression de se retrouver devant ses personnages comme devant un mystère, comme devant une révélation ? Mais laquelle ? La révélation de l’insoupconnable beauté des déshérités ? ou celle de sa condition de cinéaste maudit ?
Au Nova, nous avons un faible pour les films de Costa et pour le bonhomme. Nous nous sommes battus à ses côtés, une année durant, peut-être plus, pour obtenir une copie de son avant-dernier film "Dans la chambre de Wanda". Ca finit par tisser des liens. Não è ? Pedro passait au récent "Filmer à tout prix" pour présenter son dernier film. Alors, vous pensez bien que nous y étions. Mais cette fois, c’est lui qui vient au Nova.*