Saravah

Saravah est un terme yoruba, utilisé dans les rites candomblé. C’est aussi le nom d’un label hors du commun créé il y a tout juste 40 ans en France et intimement lié à l’itinéraire de Pierre Barouh. Tour-à-tour journaliste sportif, rugbyman et auteur dramatique, celui-ci a découvert la chanson brésilienne dans les années ’60, où il réalise son premier film, un documentaire déjà intitulé « Saravah ». Il devient également comédien (on l’a vu notamment, à cheval, sillonner la Camargue aux côtés du tout jeune Johnny Halliday dans « Où vas-tu, Johnny ? »), compositeur et chansonnier (de certains classiques de la chanson française, comme par exemple « A bicyclette »). C’est ainsi qu’en 1966 il compose et enregistre la chanson du film de Claude Lelouch, « Un homme et une femme ». Son « chabadabada » fait le tour du monde et lui permet de fonder un label, Saravah, dont le slogan, emprunté à Salvador Dali, est tout choisi : « Il y a des années où l’on a envie de rien faire ». Car la philosophie de Saravah est basée sur les rencontres, le mélange des musiciens et des styles, « sur la priorité du plaisir qu’on prend à accomplir les choses »... Ainsi Pierre Akendengue, pionnier de la chanson africaine, Jacques Higelin, Brigitte Fontaine et Areski Belkacem, l’Art Ensemble of Chicago, le poète et dramaturge Alfred Panou, mais aussi David McNeil, Jean-Roger Caussimon et bien d’autres nourriront, bien avant l’avènement de la « world music », cet éclectisme allant de la chanson française au free jazz en passant par la poésie et la bossa nova. Aujourd’hui âgé de 72 ans, Pierre Barouh vit entre le Japon (où il a notamment travaillé avec Ryuichi Sakamoto), le Canada et le Brésil. C’est son fils Benjamin qui poursuit, depuis Nantes, l’expérience Saravah, célébrant ses 40 ans avec la sortie de deux belles compilations pleines de raretés (« La cave de Saravah »). C’est à cette occasion que Radio Panik a invité Benjamin Barouh qui sera présent plusieurs jours à Bruxelles, notamment pour une série d’émissions sur Panik (105.4 FM à Bruxelles) et cette soirée au Nova.

http://www.saravah.fr
http://www.radiopanik.org

+ L’album de famille ou Le labyrinthe

Pierre Barouh, 1976, FR, 16mm, vo fr , 110'

Saravah est née dans l’élan de proposer des spectacles vivants et des musiques alternatives. « L’album de famille » témoigne de l’activité du label, après dix ans d’innovations et de productions dans sa niche (studio, boutique et bureaux) de la rue des Abbesses. Le film s’oriente vers le montage et la réalisation d’un festival dans le Sud-Ouest, financé par la revue touristique « Partir », impliquant spectacles de rues, tournoi de rugby, rallie de voitures tout-terrains, concerts, débats et festins. Sportifs, journalistes, musiciens de la famille Saravah se retrouvent à Eymet, pour orchestrer une véritable fête populaire. A mi-parcours du film, Pierre Barouh, catalyseur et chroniqueur du projet, se retrouve à Paris avec des rushes dont il ne sait que faire. Il engage un scénariste réputé pour l’aider dans la construction du document en chantier, dans sa maison de campagne du sud de Nantes (Vendée). Mais les deux hommes ne s’entendent pas...

*> 22:00
Rushes Saravah*
Une séance où l’on se projettera quelques bobines de rushes, tout droit venus du grenier de Saravah. La plupart remontent au début des années ’70 et ont été tournés à Vaison-la-romaine/Carpentras, avec notamment Brigitte Fontaine et Areski, Jacques Higelin, Nana Vasconcelos, Jean-Roger Caussimon... La projection sera aussi l’occasion de découvrir des extraits de films et des clips plus récents, dont deux de Fred Poulet, tournés au Japon par le réalisateur Takao Nakano.

Séances
01.12.2006 > 20:00
01.12.2006 > 22:00