Jeffrey Lewis

Inviter Jeffrey Lewis dans un cinéma n’est pas - pas vraiment - plus incongru que d’accueillir son hilarant quasi-homonyme Jerry... Le jeune barde Jeffrey fait des « films »... Sans caméra ; avec une guitare et un micro ou avec un crayon, quelques feutres et feuilles de papier. Chanteur et dessinateur, au point de rencontre rêvé du folk (la proximité, le respect de ses pères spirituels... ) et du punk (l’électricité, l’irrévérence...), son talent de songwriter est assez bluffant et singulier. Capable dans une chanson de projeter sa propre ligne de vie au-delà de l’âge de cent ans - ou, au contraire, dans une autre, de remonter le temps jusqu’à la préhistoire - ou dans « Complete History of the Development of Punk on the Lower Eastside, 1950-1975 » d’écrire une sorte de thèse de doctorat chantée, drôle et érudite, sur la préhistoire du punk et ses racines dans l’outsider folk, des anthologies de Harry Smith à Suicide, en passant par tous les farfelus du label ESP ou les Silver Apples... Toujours entre documentaire et fiction, le public aura surement l’occasion de voir Jeffrey feuilleter l’un ou l’autre de ses « clips acoustiques » où il parcourt une succession de dessins en chantant une sorte de talkin’ blues narrant l’histoire dessinée (parcours musical de Mark E. Smith de The Fall, histoire du label Rough Trade ou les interactions sanguinolantes d’une main coupée et d’un car de nonnettes...).

Séances
16.12.2006 > 21:00