Depuis des mois Papi, réfugié politique en France, attend que sa femme Blandine vienne le rejoindre de Kinshasa. Finalement un jour il reçoit son coup de téléphone qui lui annonce qu’elle vient de débarquer à Paris. Mais à l’aéroport de Roissy Blandine se fait renfermer dans une cellule d’isolement avec des dizaines d’autres personnes et la police nie que son nom soit repris dans la liste des passagers provenant du Congo. Entre insultes et humiliations, ce qui devait être le début d’une "nouvelle vie" démarre ainsi bien différemment de ce qu’elle avait imaginé. Jusqu’à ce que n’arrive l’incident, la blessure... Transgressant toute règle et code éthique, des officiers essayent par la force de la rapatrier avec d’autres demandeurs d’asile. Réalisé quatre ans après "Paria", autre film sur le monde des exclus, "La blessure" est avant tout une oeuvre de fiction bien qu’elle comporte une forte veine documentaire. Fruit de longues recherches effectuées sur le terrain et d’un minutieux travail d’écriture et de mise en scène, Nicolas Klotz y soupèse presque à l’extrême la signification que chacune des images, voire des séquences, peut induire. Et en ce faisant il revendique la nécessité aujourd’hui d’avoir une morale dans la mise en scène.
Rencontre avec Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (scénariste du film)