WOP : With Out Passport

Dans plusieurs dictionnaires américains wop est défini comme un acronyme pour "without papers" ou "without passport", "sans papier" ou "sans passeport". Historiquement il semblerait que ce soit le cachet qui était apposé sur les documents des premiers italiens qui émigrèrent vers les Etats-Unis.

"Sans papier". On ne connaît que trop bien cette définition que l’on utilise aujourd’hui pour désigner un étranger en situation irrégulièreŠ. Et on se plairait à imaginer une Europe réellement sans frontières où "sans papier" ne serait qu’une tautologie pour dire : pas besoin de passeport.
Bien que les frontières soient bien souvent des lignes imaginaires pour séparer un pays de l’autre tout est mis en ¦uvre pour les rendre plus infranchissables que des murs en béton. Et réussir à traverser celle de l’Europe est presque devenu un jeu de la roulette si on ne détient pas les papiers nécessaires.

Pourtant la contradiction est qu’aujourd’hui les villes sont de plus en plus un creuset de cultures et d’ethnies différentes, et que leur topographie reflète les mouvements migratoires qui y convergent et qui y redessinent les espaces urbains. D’autre part ce sont aussi ces nouveaux phénomènes migratoires qui sont à l’origine de nouvelles dynamiques culturelles.
Tout à fait normal alors que nous ayons eu le désir de nous arrêter sur comment le cinéma se confronte avec les problématiques liées au renforcement des frontières. Avec nos amis du Tek Festival de Rome nous nous sommes ainsi embarqué, sans passeport, dans un voyage au travers de l’Europe, du Sud au Nord, d’Est en Ouest. Nous vous en rapportons des films aux tons fort différents qui s’interrogent sur ces nouvelles réalités frontalières. Des réalités qui ont une dimension sociale et politique, plus que géographique, que le cinéma documentaire plutôt que celui de fiction réussit à saisir.