Exils, des exils, aussi nombreux que les exilés. Nous allons à la rencontre de ces traces, de ces tactiques à la fois personnelles et collectives qui traversent les expériences du devenir étranger, les aspirations, la nécessité de se réinscrire dans d’autres territoires, la force de constituer de nouveaux espaces sociaux, de donner le jour à de nouveaux langages. Il y a une multitude d"espaces d’ambiguïté - entre allers et retours - que nous voulons explorer à travers le cinéma.
Si nous parlons d"exils et non de migrations, c"est pour laisser davantage de place aux subjectivités, à la diversité des vécus et des expériences et éviter de les aborder par des discours utilitaires ou des injonctions de prise de conscience.
Chaque film est une de ces traces, un moment de mémoire. Tous sont irrigués par des voix, des voix d"exilés, au-delà de leurs origines respectives ou de leurs statuts administratifs : travailleurs immigrés sous protocoles, réfugiés, sans-papiers, etcŠ et des voix d"auteurs, de Georges Perec à Abderrahmane SissakoŠ là où devenir auteur se forge dans l’exil et se constitue ce décalage du langage avec lequel ils accèdent à leur singularité.