+ Bad trip to Edgewood
Si nous ne le faisons pas, les Russes nous devanceront. Pendant la Guerre froide, cette excuse justifiait les projets les plus fous, dont MK-Ultra. Sous ce nom cryptique se cachaient des expérimentations sur des humains volontaires qu’on se gardait bien d’informer de ce qu’on testait sur eux. Entre 1955 et 1975, les généraux américains espéraient pouvoir utiliser le LSD et autres PCP et BZ en tant qu’armes chimiques, soit sur le champ de bataille, soit en salle d’interrogatoire. Les cobayes étaient à portée de main : après tout, le soldat est censé servir sa patrie. Sûrs de leur bon droit, les expérimentateurs ont tout filmé. Tant que les braves ploucs éclatent de rire en essayant de marcher au pas sous LSD, c’est presque drôle. Par contre, quand on les voit basculer dans un mauvais trip et qu’on les retrouve traumatisés des années plus tard, l’arrière-goût est plutôt amer. Au passage, on apprend aussi comment l’armée, dans le cadre du même projet, expérimentait secrètement la propagation de virus et de bacilles dans les rues et les métros de New York. Le civil aussi doit servir sa patrie...
+ LSD 25
"It’s time for the facts", soupire le LSD, narrateur de ce film, après tous les dires qui ont été colportés sur son compte. Comment ne pas croire tous les faits qu’il expose ensuite, puisque c’est le LSD lui-même qui a la parole ? De fait, pour ce qui est de la propagande, on est loin des excès de "Reefer madness". Le LSD avoue qu’ il n’a jamais tué directement, et qu’il n’ entraîne pas de dépendance. Par contre, il se vante d’ en avoir envoyé plus d’un aux urgences et d’avoir causé des accidents mortels, entre autres faits d’armes. Tout ce qu’il avance est d’ailleurs vrai, la propagande se situe ici plutôt dans les nombreuses exagérations et omissions. Comme toujours, les reconstitutions par des acteurs visiblement inexpérimentés en matière psychédélique sont un vrai bonheur. Mais à tout prendre, ce n’est certainement pas la pire caricature anti-drogues qu’aient eu à ingurgiter les écoliers américains.
+ LSD a Go Go
Dans les années 50, les agents de la CIA s’amusent beaucoup à l’occasion de leurs recherches secrètes sur le LSD. A côté d’autres expériences plus "sérieuses", ils en laissent de temps en temps tomber une goutte dans le café d’un collègue inattentif. Quelques jours après avoir reçu une dose à son insu, l’ingénieur Frank Olson fait une chute malencontreuse du 10ème étage d’un immeuble new-yorkais. La CIA conclut au suicide de ce chercheur en armement biologique et chimique de l’armée américaine. Très vite, des failles apparaissent dans la version officielle et la Maison-Blanche semble vouloir étouffer l’affaire. Le récit de l’affaire Olson est entrecoupé d’extraits de films de propagande contre le LSD. Le contraste entre discours officiel et pratiques secrètes est... hallucinant.