"Le silence des nanos" - entièrement autoproduit et réalisé à la marge de toute logique de production - est un film qui fait écho aux inquiétudes des écrivains de science-fiction les plus radicaux. Pourtant Julien Colin filme ce qui est ici et maintenant. L’horreur n’est pas pour demain : cette "mort vivante" nous est contemporaine.
Le film se déroule sur l’écran d’un ordinateur. Au fil d’une cyber-enquête, de liens en liens, avec des séquences audiovisuelles glanées sur la toile, il dévoile les applications et les implications des technologies émergentes : biotechnologies, nanotechnologies... Celles qui sont en passe de transformer radicalement la nature, la société et l’humanité ; celles qu’on nous vend comme une troisième révolution industrielle.
Démiurges et assassins en blouse blanche développent, souvent au nom du bien commun et toujours dans la discrétion, sinon le secret, des technologies proliférantes, duales et mortifères. Que se trame-t-il en notre nom, en l’absence de tout débat public, dans les arcanes de la recherche scientifique ? Qui définit les termes du progrès scientifique ?
La société techno-marchande nous est imposée comme une évidence. Son projet : asseoir définitivement la domination totale de l’économie sur la vie. Sa devise : ordre, progrès et rentabilité.
Ses moyens : artificialisation de la vie, généralisation du contrôle social, dévastation de l’environnement.
Suivi d’un débat en présence du réalisateur et de Sébastien Denys (chercheur à l’ULB, il a été une des chevilles ouvrières du CAGE - Collectif d’Action GenEthique qui s’est opposé à l’envahissement transgénique).