"Des "instantanés" pris dans la réalité sociale de l’Europe de l’Ouest. Dans les portraits de Joop Uchtman, qui a travaillé jusqu’à l’année dernière comme contremaître dans un atelier de textile, et de Doris Schwert, une jeune femme qui suit la tradition communiste de son père, j’ai surtout travaillé sur la parole, en interviewant les personnages de façon frontale, tout en tenant la caméra sur l’épaule (la caméra est un protagoniste du film). Dans le troisième portrait, les mots sont rares. Le film montre tous les gestes que Jan van Haagen, ouvrier métallurgique, accomplit au cours de sa journée de travail, de façon condensée : les 9 heures 25 qu’on passe en sa présence défilent en 12 minutes" (Van Der Keuken).
"Le printemps" était le titre du film original. Il. rassemblait cinq portraits, témoignages de la crise économique de 1974, dont Johan Van Der Keuken a préféré ensuite diffuser uniquement ces trois séquences, qui confrontent les vécus et les questionnements de chômeurs et ouvriers.
+
André Görz. Sur le travail
+ André Görz. Sur le travail
Le philosophe français André Gorz, ancien compagnon de route de Jean-Paul Sartre, centre sa pensée sur la problématique des évolutions de la société industrielle. Il estime que le travail à but exclusivement économique n’est devenu progressivement dominant que sous l’égide du capitalisme et avec la généralisation des échanges marchands. Selon lui, nous vivons la fin de cette ère. Le travail payé devient plus rare pour une population active qui ne décroît pas. L’évolution technologique permet des prouesses de productivité, inimaginables il y a encore vingt ans. Si cette tendance se poursuit, la population active des sociétés occidentales se segmentera entre une minorité aristocratique de salariés à l’emploi et à revenu stables et une majorité d’exclus à des degrés divers.