Lexique occupationnel !

À propos de quelques termes ou notions évoqués dans cet article

TRAVAIL

"Le travail n"est plus la mesure de toutes choses. Ce n"est plus seulement dans le travail que l"identité se forge. S"il faut continuer de le considérer comme important comme structurateur de la personne et de la société, il est de plus en plus confronté à de nombreuses autres pratiques socialesŠ La remise en question de la centralité du travail qui était la norme durant les trente glorieuses trouve de nombreuses raisons que l"on peut en partie résumer à ceci : la diminution globale du temps de travail dans la vie d"une personne, l"insatisfaction du travail en tant que tel (par la flexibilité et la compétitivité croissante demandée aux travailleurs, et le stress que cela engendre, notamment), l"individualisme contemporain et les difficiles solidarités, le déplacement des conflits de la sphère du travail vers d"autres lieux qui entrent parfois en conflit avec la défense du travail lui-même (proximité, vie quotidienne, mondialisation, questions éthiques), l"invention de nouvelles manières de faire société, etc.
Il s"ensuit une multitude de postures, de trajectoires de vie, de manière d"être et de vivre ensemble qui fondent en partie ce que nous pouvons appeler la diversité culturelle face à une sorte de "culture unique" qui voudrait que de plus en plus nous soyons des producteurs de bien de consommation et consommateurs de ces biens".
("La tension entre le travail et le non-travail", extrait d’un dossier de presse collectif, 11/02/2003)

"La figure du travailleur était intimement liée à l’émergence de la citoyenneté. Considérer le travailleur comme citoyen a permis d’abolir l’esclavage. Mais, le marché ne dépend plus des demandes exprimées par les territoires. Le travail s’organise de même. (Š)Le domicile devrait transcender la question nationale : droit de se déplacer, de s’établir... choix de demeurer dans son lieu de naissance quels que soient les chahuts géopolitiques. Le lieu ancre le politique".
("Déclaration de l’Ambassade Universelle", Bruxelles, 12/12/2001)

PROFESSIONNALISATION

"Les questions posées sont :
… est-ce que la professionnalisation conduit à une perte de sens pour les associations ?
… la nécessité de se conformer aux exigences du pouvoir public est-elle à la base de cette perte de sens ?
… est-il possible de repérer le moment critique où le professionnalisme l"emporte sur le bé-névolat ? Où les professionnels (la logique de comportement des professionnels) l"emportent sur les militants ?
… a contrario, les associations professionnalisées conservent-elles un potentiel militant ?
… la sectorisation fondée sur l"histoire d"associations volontaires « spécialisées » est-elle toujours pertinente dans un contexte d"associations professionnalisées ?
… de nouvelles associations reprennent-elles la tradition bénévole ou militante des associations qui se sont professionnalisées ?"
(Séminaire "La professionnalisation : histoire d’effets pervers ou nouvelles opportunités", Centre de Sociologie du Travail, de l"Emploi et la Formation ­ ULB, 11 juin 2003)

"Un des enjeux essentiels des organisations aujourd’hui est, à mon sens, de réhabiliter le conflit et l’expression de celui-ci. (Š) A cet égard, l’énorme professionnalisation du "secteur" se révèle parfois pesante, entraînant une attitude de dépendance à l’égard de toutes sortes de pouvoirs, freinant terriblement le conflit, car celui qui est dans un contrat d’emploi n’est pas nécessairement enclin à se "bagarrer" et à prendre des risques".
(Majo Hansotte, Actes des forums sur la réforme de l’Education permanente, avril 2002)