Ghetto + Bad Boy

+ Ghetto on Sea

Adam Smith, 2004, GB, video, vo ang , 60'

Southend-on-Sea, dans le comté de Essex, est surtout connue pour être une destination balnéaire à bon marché. Les dépliants touristiques en exhaltent les plages et les parcs de jeux, mais derrière cette façade se cache une « deuxième ville » : celle des dealeurs . « There’s a big big drug scene » dit Gambit, un aspirant rappeur qui vit à Southend, et un des principaux intervenants dans ce documentaire. Pour beaucoup de jeunes, qui comme lui vivent dans la banlieue, la seule échappatoire à une vie morne et grise, où les possibilités de trouver un emploi sont minimes, c’est de s’épanouir dans une activité qui les passionne. Ainsi Southend compte un nombre incroyable de petites et grandes radios pirates, chacune appartenant à un groupe, voire à un « gang ». Difficile de dire que la paix règne entre elles. L’accès aux ondes est une guerre quotidienne.
« Ghetto on Sea » a été réalisé pour la BBC dans le cadre d’une série de trois documentaires consacrés à la réalité des jeunes vivant dans certaines banlieues anglaises. Accompagné d’une équipe restreinte, c’est en se mettant en première file que Adam Smith suit une tranche de la vie agitée de Gambit, de Killer et d’autres jeunes qui font partie de cette scène radiophonique. Tout en étant fidèle à la réalité qu’il observe, sur le plan du montage le réalisateur adopte un style ludique où se mêlent des références graphiques et musicales propres à ce monde des radios pirates de Southend.

+ 19:00 > Bad Boy

Moby Longinotto, 2004, GB, video, vo ang , 60'

Natty, un jeune homme de Birmingham de dix-neuf ans, sort de prison. Devant la caméra de Moby il fait la promesse qu’il va essayer de « se ranger », de s’intégrer à la société. Cette promesse il la fait pour lui-même mais aussi pour sa fiancée, qui plus que toute autre personne croit en lui. Mais... ce serment ne va pas tenir longtemps. Lentement, et presque inexorablement, Natty se fait rattraper par son ancienne vie, celle des gangs organisés, où sévit une violence qui ne s’exerce pas que contre les autres mais aussi contre soi-même. Pendant six mois Moby va filmer cette redéscente en enfer. Jusqu’à ce qu’il se pose la question de si « oui » ou « non » intervenir.
Réalisé caméra au poing, par le seul réalisateur qui a tout fait (ce qui explique la qualité pauvre du son), « Bad boy » soulève des questions fondamentales dans ce registre du documentaire qui se dit « d’observation » : jusqu’où peut-on aller quand on filme la réalité ? Est-il juste ou pas d’intervenir à certains moments ? Le parti pris radical qui s’affiche dans ce documentaire, tant au niveau de l’approche du sujet qu’à celui de sa production, réduite au stricte nécessaire, a contribué à ce que ce film sorte du contexte télé pour être diffusés dans quelques salles cinéma en Angleterre.

Séances
10.10.2004 > 18:00