Comme tous ses collègues, Igarashi se retrouve, un matin, devant la porte fermée de son usine en faillite. Mais contrairement à eux, Igarashi ne trouve plus la force de se battre, ni même de rentrer chez lui. Il prend alors la route. Commence ainsi, pour lui, un voyage vers la désolation et le désespoir.
Dès son premier plan, le nouveau film de Sabu (Monday, Drive) déjoue nos attentes. Lui qui, depuis 10 ans, nous envoie ses cartes postales drôles et survoltées d’Absurdie, commence son nouveau film par un plan d’une banlieue désolée où un homme - qui ne court même pas ! - se détache lentement. Le film ne quittera jamais ce rythme contemplatif et son héros sera le témoin muet de la décrépitude morale de son monde. Si ce film étonne d’autant plus venant d’un cinéaste comme Sabu, c’est que la disparition de l’énergie qui caractérise son cinéma est ici frappante. Ce qui renforce encore le sentiment dépressif qui se dégage du film. Car c’est bien de cela qu’il s’agit finalement : donner une forme à la dépression. En définitive, Sabu signe, avec The Blessing Bell, son Dodeskaden à lui.
The Blessing Bell
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