Cité administrative

Zone Levier 2. La Cité administrativeŠ Nous longeons la jonction Nord-Midi. Les autoroutes, les voitures, le train, la circulation. Bruxelles comme point de circulation, laissant d"un côté, un centre historique aux jeux de sons et lumières, aux restaurants alignés, aux autocars, aux appareils photos et un peu à la " fête ", et de l"autre le " Haut de la Ville ". Les projets des années 50, puis des années 60 et encore des années 70.
La Cité administrative, c"est toute une aventure, celle du " progrès national " : 6 hectares de béton, une tour de 140 mètres. Le chantier, prévu pour quatre ans débute dans la foulée de l"Expo Universelle, en 1958 ; il s"achève bien entendu en 1983, écrasant sous son poids le marché couvert de Cluysenaar.
C"est l"époque des grands chantiers " fonctionnalistes " inspirés des théories urbanistiques des années 30 : on fera de Bruxelles, une ville " moderne " ponctuée de monuments d"un nouveau genre, la plaçant au centre des axes Anvers-Paris et Ostende-Liège, voire Amsterdam-Paris et Londres-Istanbul pour les rêveurs les plus fous. Pour ce faire, on morcelle " rationnellement " car " Si l"on veut mettre un peu d"ordre dans tout ce fouillis, (Š) rendre un peu de joie de vivre à nos fonctionnaires et leur procurer un cadre de travail sain, que faut-il faire ? Démolir et reconstruire ". Vive les lignes droites.
C"est à plusieurs niveaux, on s"y perd. On la longe par le Boulevard Pacheco, entre délire automobile et mur aveugle du parking City 2 ou par la Colonne du Congrès et la flamme au Soldat inconnu. On peut y tourner en rond, s"arrêter à des " points de vue ", se raconter des histoires de pouvoir, de vieux romans d"anticipation, en passant de son esplanade qui, de loin, nous ferait penser à Ostende la mer en moins, aux jardins en terrasse de Pechère construits selon le tryptique géométrie-béton-eau. Le ton est triomphant, l"ensemble " cadrant parfaitement avec son importance au niveau national et particulièrement propice à l"organisation de cérémonies patriotiques ". On a parfois été au "Gazon", mais il est interdit d"y faire du skate-board comme le rappelle élégamment l"un ou l"autre panneau de circulation piétonne. On y travaille encore. Parce que c"est la plus grande friche industrielle du centre, mais l"on y travaille encore ! C"était la Cité administrative de l"Etat. Et on sait bien qu"en Belgique, l"Etat, c"est devenu compliqué : la Cité n"a pas eu le temps de célébrer grand chose. Les fonctionnaires sont maintenant soit flamands, soit wallons, soit francophones, soit bruxellois, soit européens. En attendant, la Cité, on l"a vendue et on la loue au nouveau propriétaire. L"Etat a un bail. Ca s"appelle du " sale and rent back ". La Région va-t-elle exiger un concours d"architecture pour d"éventuels nouveaux projets ? Ca, c"est pas sûr, toute contente qu"elle est qu"il n"y ait qu"un seul (en fait, deux) propriétaire. Mais ce n"est pas grave, c"est une zone levier.

Séances
15.08.2003 > 12:00
16.08.2003 > 12:00