Themroc

Avant de se lancer dans le cinéma, Claude Faraldo était livreur. Autodidacte, il a réalisé des films comme "Bof (Anatomie d’un Livreur)", sur une famille ouvrière qui découvre la paresse et la jouissance. Des films qui ne ressemblent à rien de ce qui s’était vu avant. Et à rien qui ne se soit vu après. Mais ces films sont aujourd’hui enfouis dans des fonds de tiroirs de distributeurs, à peu près invisibles. Adapté d’une pièce qu’il a lui-même écrite, "Themroc" provoque une grande secousse : Faraldo s’y laisse aller à une écriture inventive, qui fait constamment semblant de basculer dans l’absurde, pour mieux amener les spectateurs à réagir. Themroc, un ouvrier exploité et abruti, bascule un beau matin dans la révolte. Il se transforme en lion têtu et euphorique, s’enfuit de son usine et provoque perturbation et effroi partout où il passe. Ainsi commence l’odyssée de Themroc, une fable impitoyable qui se passe - fort bien - de dialogues. Michel Piccoli et l’équipe du Café de la Gare (Romain Bouteille, Miou-Miou, Coluche, Patrick Dewaere...) n’y font en effet que grogner, rugir, glousser ou parler un langage inventé. "Themroc" est un poème barbare. Un film drôle et inquiétant, qui s’en prend à la société de consommation et chante avec humour le retour à un état de nature...

Réalisation
Claude Faraldo
Année
1973
Pays
France
Format
35mm
Version originale
Durée
105 min.
Séances
06.09.2003 > 21:45