La critique cinématographique belge n"a jamais brillé par sa mansuétude envers la production nationale. Elle s"est même autorisé quelques assassinats en bonne et due forme de chef-d"¦uvres comme L"homme au crâne rasé. Elle n"a pas manqué de démolir les films de Maurice Rabinowicz, un de nos cinéastes les plus importantsŠ autant que méconnu ! Une page d"amour, comme déjà son très brechtien précédent film, le Nosférat, intègre des moments de théâtre à une action jouée avec un réalisme décalé, et c"est sans doute cette extrême distanciation qui a le plus déconcerté. François (Samy Frey) assiste de sa fenêtre à l"internement brutal de Carlos, un ouvrier en révolte qui a assassiné son patron. Une série de rencontres étranges, des comédiens militants, une belle inconnue (Géraldine Chaplin) l"amènera à tout remettre en question, une vie banale et routinière, une carrière de fonctionnaire, une fiancée bourgeoise et conformiste. Il décide d"organiser l"évasion de CarlosŠ Pour cette démolition en règle, lente, minutieuse, méthodique, des valeurs rancies de la bourgeoisie et du fascisme ordinaire, Maurice Rabinowicz avait fait appel à deux acteurs d"envergure internationale. Marc Hérouet en a signé la musique. Une ¦uvre à redécouvrir, dont Sélim Sasson, disparu il y a peu, disait qu"elle était un des films les plus importants du cinéma belge. Rien moins que cela.
Une page d’amour
Réalisation
Année
1977
Pays
Belgique
Format
35mn
Version originale
fr
Sous-titrage
nl
Durée
97 min.
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Séances
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