Le revolver aux cheveux rouges

Le Bruxellois Frédéric Geilfus, jusqu’alors directeur photo sur de nombreux films de fiction et documentaires, n’a alors "que" 56 ans lorsqu’il se lance, avec sa femme - Denise Geilfus, co-scénariste du film avec Raphaël Cluzel - dans l’adaptation d’un roman de G.K. Chesterton, "Manalive" ou "Supervivant". Il en sort un premier et unique long-métrage, fantaisiste, sans pareil, aux réminiscences surréalistes (Breton, Magritte) qui passione le couple. "C’est la notion d’humour qui a été prépondérante dans le choix du sujet. L’humour suppose une certaine façon d’être à la différence de l’esprit, qui, lui, peut se faire exclusivement aux dépends d’autrui. Dans l’humour, non seulement on s’implique soi-même, mais la moquerie reste empreinte de sympathie et de participation." (D.Geilfus).
Dans un château délabré en passe d’être transformé en asile de fous, un énigmatique étranger, prénommé "Innocent", s’introduit parmis une communauté d’intellectuels inquiets, les entraînant dans des jeux étranges, saugrenus, et leur apportant une bouffée d’oxygène anticonformiste. Ce qui n’est pas au goût de certain qui pense voir en cet individu, un meurtrier... Qui aura raison ? A la fois drôle, sarcastique, léger, un peu frondeur mais sans agressivité, bref divertissant, "Le révolver aux cheveux rouges" n’eu que peu de succès auprès du public. Peut-être parce qu’il n’est pas à regarder ou comprendre comme film normal et demande une réelle implication de l’imaginaire de chacun. Un peu à l’image du générique d’introduction, une animation réalisée par Gérald Frydman, et qui engage le spectateur à la sympathie et à la distanciation.
Unrojection exceptionnelle et gratuite, offerte par le producteur, André Weis, et peut-être en sa présence, ainsi que celle du monteur, Daniel De Valck. A ne vraiment pas manquer !

Réalisation
Frédéric Geilfus
Année
1974
Pays
Belgique
Format
35mm
Version originale
fr
Durée
90 min.
Séances
14.12.2002 > 22:00