HOME SWEET HOME

Premier long métrage de Benoît Lamy, ce savoureux "Home Sweet Home" libère toujours, presque 30 ans après sa sortie, tout son potentiel transgressif et sa truculence. Les protagonistes de "Home Sweet Home" sont des personnes agées, placées dans un home bruxellois dont le quotidien est dicté par des règles quasi militaires, traités avec condescendance, voire humiliés comme des enfants désobéissants. A l’arrivée d’une nouvelle pensionnaire, Jules, septuagénaire insoumis et scandaleusement vivant, se réveille et entraîne à sa suite une vingtaine de vieilles dames, dans une révolte de moins en moins passive contre la directrice d’abord, les pompiers et les gendarmes ensuite. Cadrant au plus près ses acteurs, Benoît Lamy fait ressortir avec justesse et un sens redoutable de l’observation solitude, désir, indignation et tendresse au sein d’un microcosme régi comme tant d’autres par des rapports de pouvoir et d’argent. Le parler cru, très "belge", la distribution épatante et la photographie, chaleureuse et frontale, renforcent l’impression de prise sur le vif, ce qui permet à "Home Sweet Home" de conserver, libre, audacieux et impertinent, tout son impact en 2002.

Séances
15.12.2002 > 22:00