Le diabolique Docteur Flak

Avant que Canal + ne s’en accapare et tente d’en tirer un produit de consommation vidéo à la mode, le cinéaste le plus fêlé de la région la plus sinistée de Belgique commettait des films qui ne ressemblaient à aucun autre sur cette planète. Même pas à ceux d’Ed Wood.
Acoquiné de Victor Sergeant (un fana de surnaturel qui devint son scénariste et comédien favori), Jean-Jacques Rousseau démarra sa carrière par quelques courts métrages prometteurs (comme "Le reposoir", "L’étoile du mal" ou "Dossier réincarnation") oscillant entre gore, épouvante et action.
"Le diabolique Docteur Flak" est son premier long métrage. Est-il possible d’en résumer le scénario ? Non. Il y est bien question d’un sombre laboratoire, planqué dans les caves d’une famille wallone pour le moins déboussolée. Et d’un docteur démoniaque qui caresse le projet de créer une nouvelle race d’êtres humains. Mais le principal se situe ailleurs, du côté de l’inventivité visuelle et de la liberté débridée de cette oeuvre bricolée de toutes pièces. Comme un Kaurismaki, Rousseau s’est entouré d’une série de fidèles collaborateurs ; des autochtones de Souvret et des alentours de Charleroi, comédiens amateurs aux tronches étranges et au charisme subjuguant. Leur seule présence procure une infinie fascination à la vision de ce film.
Signalons qu’un représentant de Jean-Jacques Rousseau, éventuellement encagoulé, sera peut-être présent lors de la projection pour vous parler du prochain retour du cinéaste maudit au 16 millimètres.

Réalisation
Jean-Jacques Rousseau
Année
1980
Pays
France
Format
16mm
Version originale
fr
Durée
95 min.
Séances
13.12.2002 > 24:00