Julien Donkey-Boy

DOGME#6

Julien (Ewen Bremner) est un jeune schizophrène d"une famille atypique de Long Island. Son frère cadet passe ses journées à s"entraîner à la lutte greco-romaine, coaché par son père (Werner Herzog) qui veut en faire un battant, alors que lui-même passe le plus clair de son temps à rechercher une défonce naturelle, comme peut-être le fait de porter un masque à gaz régulièrement. La grand-mère (Joyce Korine elle-même) ne fait que jouer avec son caniche blanc. Seule la soeur (Chloé Sevigny) semble la plus normale : elle attend un bébé et représente la figure maternelle depuis lontemps disparue, ce qu"elle rend (trop) bien à JulienŠ On suit ainsi les pérégrinations de ce dernier, proprement désorienté par la vie, comme nous par le film qui traite son sujet par brides, délaissant toute narrativité classique au profit de tranches de vies en surface insignifiantes, et qui pourtant aboutissent à des scènes sans pareil. Tantôt amusantes, tantôt impudiques, tantôt franchement dérangeantes. Finalement l"on en ressort bouleversé, les différentes lignes narratives convergeant vers une histoire lyrique où révolte, tendresse et poésie en sont les moteurs sous-jacents.
Scénariste du "Kids" de Larry Clark à l"âge de 18 ans, c"est surtout avec "Gummo" en 1997, son premier film, qu"Harmony Korine provoque la contreverse. Loin d"être ignorant du cinéma (il connut dès l"âge de 10 ans les films de Godard et de Bresson par son père trotskyste et cinéphile), il n"en demeure pas moins qu"il se bat contre le cinéma dominant et même celui faussement indépendant. D"où sa totale allégeance à Dogme 95 pour "Julien Donkey-Boy", son second et dernier film à ce jour.
Pendant de "Gummo" qui montrait des gamins "freak" aux faux comportements d"adultes, "Julien Donkey-Boy" nous montre un adulte "freak" aux vrais comportements enfantins. Mais c"est surtout de par sa technique que ce dernier film se démarque : tout fût improvisé, à part une scène écrite, et filmé avec près de 30 caméras DV, la finition faisant fît de toute post-production ! De plus, le comportement de Julien est basé sur l"oncle paternel d"Harmony Korine, schizophrène aujourd"hui interné, qui intrigua longtemps le réalisateur lorsque, enfant, il allait chez sa grand-mère où vivait le lunatique (et où fût tourné en partie le film). Un film fort personnel donc, où il ne s"agit pas de romancer une quelconque histoire vraie ou vraissemblable, mais bien d"atteindre un réalisme et une vérité de personnages loins de ceux diffusés sur nos petits et grands écrans.

Du 9/05 au 16/06 > 5 / 3,5 zeuro

Réalisation
Harmony Korine
Année
1999
Pays
États-Unis
Format
35mm
Version originale
Sous-titrage
fr
Durée
94 min.
Séances
09.05.2002 > 22:00
10.05.2002 > 20:00
11.05.2002 > 22:00
12.05.2002 > 20:00
17.05.2002 > 22:00
18.05.2002 > 20:00
19.05.2002 > 22:00
24.05.2002 > 22:00
30.05.2002 > 22:00
01.06.2002 > 22:00
06.06.2002 > 20:00
07.06.2002 > 22:00
08.06.2002 > 20:00
09.06.2002 > 22:00
14.06.2002 > 20:00
15.06.2002 > 22:00
16.06.2002 > 20:00