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rétrospectives

Sei donne per l’assasino

Blood and Black Lace

Mario Bava, 1964, FR-IT-DE, 16mm, vt ang , 87'

Dans un magasin de confection de vêtements d"une modiste respectable, plane une ambiance bien malsaine depuis que l"une des modèles a été retrouvée assassinée. Cahiers intimes convoîtés, un amant cachéŠ huis-clos : angoisse ! Le cercle se referme et pourtant le mystère plane toujours. Directeur de la photographie sur les films de réalisateurs tels que Roberto Rossellini, G. W. Pabst, Raoul Walsh,Š Mario Bava est l"un des grands maîtres du film érotique et à suspense. Avec "Sei donne per l"assassino" il est dans une de ses meilleures périodes et ouvre la voie au slasher (film de genre, où les femmes sont soumises à des violences). "Sei donne per l"assassino" est aussi un film clé dans la filmographie de Bava, où celui-ci accentue la place de la "grosse machine à tuer". Cependant, les couleurs de l"image et le soin des cadrages donnent au film toute sa consistance particulière, guidant sa lecture vers d"autres sphères, culturellement et politiquement engagées.

15.03 > 22:30


Egalement scénariste et dessinateur de comics dans les années Œ60 et Œ70, l"espagnol José Larraz a réalisé une bonne partie de sa filmographie en Angleterre. Son goût pour l"étrange, le non-dit, son talent pour habiller ses films d"une reconnaissable "Touch of Class", montrant tout ce qu"il est possible de montrer dans des productions à petit budget sans faire "cheap", ont fait de lui un personnage à part dans le paysage horrifique anglais. "Vampyres" est l"histoire d"un homme perdu dans la campagne, pris au piège sensuel de deux femmes vampires qui l"hébergent. L"histoire de l"intrusion d"un mâle dans un espace féminin sexuellement confiné et protégéŠ L"histoire d"un désir désespéré de sexe qui ne rencontre qu"un déferlement de violence. Une histoire de vampires très sanglante et très érotique racontée d"un point de vue féminin, où la mort se nourrit de l"angoisse d"être impuissant.

16.03 > 22:30


Uruguayen débarqué en Europe fin des années Œ60, Serrador a réalisé deux films considérés incontournables dans l"histoire du cinéma fantastique espagnol, avant de travailler pour la télévision : "La Residencia" et "Who Could Kill a Child ?". Moins influent que "La Residencia" (que Dario Argento n"a pu manquer, et plus récemment "The Others" frôle le pompage maladroit), "Who Could Kill a Child", plus sobre mais aussi plus inquiétant, brise sans détour le tabou de l"innocence de l"enfance. Deux adultes enquêtent sur une île, et ne trouvent aucune trace des adultes qui y vivaient. Ne restent que des enfants et de jeunes ados. Inondé de soleil, mais claustrophobe à souhait, "Who Could Kill a Child ?" qui culmine en un final désespéré et jusqu"au-boutiste, réserve quelques sombres surprises à l"arrière-goût nauséeuxŠ

17.03 > 22:30


Cinéaste obscur habituellement connu pour ses films SM adulés par les plus fétichistes des amateurs de cinéma-bis (relevant du genre "Woman in Prison Film"), Rino Di Silvestro n"est pas à dédaigner, ne fût-ce que pour ce "Werewolf Woman"réjouissant, à la sexualité débridée, qui met en scène une jeune femme habitée par l"horrible certitude de se transformer, comme son aïeule avant elle, durant les nuits de pleine lune. Naviguant malicieusement entre névrose, lycanthropie, fantasme, Di Silvestro oppose le sexe au réel, la guérison à la violence avec un sens du dérapage décapant. Une petite perle, chaude mais rare.

18.03 > 22:30


Pete Walker est un des derniers représentants du cinéma d"exploitation britannique. Il a tourné des sex-loops par centaines, puis des longs métrages érotiques dans les années 60, avant d"opter pour l"horreur contemporaine (en réaction à l"horreur gothique défendue par la Hammer Film) avec une trilogie remarquée : "House of Whipcord", "Frightmare", "House of Mortal Sin", en 74-75."House of Whipcord", son film préféré, montre le goût de Walker pour l"horreur grand-guignolesque et les personnages que la société rend déviants. Dans une maison de correction pour jeunes filles débauchées, un juge sénile et aveugle, secondé par une soldatesque féminine austère et sadique, poursuit une mission rédemptrice à l"insu d"un système jugé trop permissif.
A la fois sexy et politiquement incorrect, "House of Whipcord" est dédié aux personnes souhaitant la réintroduction des châtiments corporels en Grande Bretagne. Culte et classique.

19.03 > 22:30




Soft-core sanglant au casting alléchant (Udo Kier, en dérapage constant, et Tiona Richmond, "Britain"s Nr. One Sex Symbol" en Œ75), "Exposé" fait partie des videonasties, films interdits en Angleterre justement parce qu"ils développent à la fois des scènes de sexe et de violence. Lesbianisme, masturbation, viol ponctuant un cauchemar éveillé dans lequel se débat un écrivain à succès hanté par des hallucinations morbides, voyeur victime de sa paranoïa entouré de femmes à la sexualité explosive. Venu du documentaire, James Kenelm Clarke a signé également deux comédies érotiques, toujours avec Fiona Richmond. "Exposé" est produit par Bryan Smedley-Aston, producteur audacieux du "Vampyres" de José Larraz.

24.03 > 22:30


Eloy de la Iglesia a réalisé "La semana del asesino" (autre titre de "Cannibal Man", qui est d"ailleurs un titre trompeur puisqu"il n"est pas question de cannibalisme ici) peu avant la mort du Général Franco. Observer sans être observé, sexualité réprimée : "Cannibal Man" montre un monde confiné où aucune transgression n"est possible ni tolérée. Marcos, qui taillade des quartiers de viande à la chaîne dans une fabrique de soupe en conserve, accumule les meurtres, méthodiquement, installant méticuleusement les corps dans son taudis. Distant, froid et malsain, "Cannibal Man" pose un regard incisif sur la société de consommation. Eloy de la Iglesia, qui passe pour être un provocateur dans le choix de ses sujets, a réalisé plus d"une vingtaine de filmsŠ un vrai cinéaste culte et marginal à découvrir. "Cannibal Man", gore et sexuellement ambigu, fait partie des videonasties, interdits en UK

25.03 > 22:30


Journaliste, écrivain, cinéaste italien porté sur les comédies de moeurs décalées et les portraits à l"acide de séducteurs machos mal dans leur peau, Pasquale Festa Campanile ("Ma femme est un violon") pousse ses sujets à bout, flirtant avec l"absurde, l"érotisme et l"excessif de façon souvent inattendue. "Autostop Rosso Sangue", road-movie culte longtemps éreinté par la censure, raconte la survie d"un couple pris en otage par un auto-stoppeur pervers et manipulateur. Voyeurisme, rapports de force ambigus, violence sexuelle, les ingrédients très explicites d"une série B sont éclaboussés par un auteur impertinent pour qui la voiture, microcosme social hasardeux, devient le théâtre de la domination de la femme par l"homme. Suspense et vitesse vous emmèneront on the road to nowhere...

26.03 > 22:30


Augusti Villaronga est l"un des réalisateurs espagnols actuels les plus fascinants. "Tras el cristal" est l"histoire d"un pédophile nazi qui un jour, suite à ses expériences morbides, tombe du haut d"une tour. Alors paralysé, et enfermé dans un tube respiratoire, l"ancien conquérant doit sa survie à des tuyaux. Dans une athmosphère lugubre de post âge d"or industriel, croît une histoire d"amour improbable et tortueuse entre cet homme totalement paralysé et son très jeune infirmier. La réalisation tient la barre de main de maître, et les cadrages sont époustouflants ; ce n"est pas pour rien que le film fut remarqué lors de son apparition dans les festivals. Les scènes de suspense y sont excellentes et pourtant, il ne s"agit ici ni d"un film d"horreur, ni d"un thriller. Ses réalisations suivantes sont "El niño de la luna" (1989), "El pasajero clandestino" (1994), "99.9" (1999), et "El mar" (1999). A voir absolument !

27.03 > 22:30


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