– Threshold
Malcolm Le Grice, UK, 16mm, 1972, 10’ (2 screens)
Le traitement de la couleur, des "tons", des textures ainsi que l’exploration de leur intensité et de leur impact sensoriel sont des éléments récurrents dans le cinéma de Le Grice. "Threshold" est un film qui avec force navigue justement dans les couleurs et les formes, mêlant l’abstrait à des images plus concrètes, progressant d’une imagerie simple vers une autre qui graphiquement et spatialement devient de plus en plus complexe.
– Filmfinish
Paolo Gioli, I, 1986, 16mm, 10’ (silent)
Gioli, artiste foisonnant, qui se revendique à la fois de la peinture, de la science et de Jacques Tati, perverti sans cesse les paramètres de la caméra, photographique ou cinématographique.
Son travail puise dans un environnement qui va de l’outil-même, délibérément ramené à son essence primitive, aux images que Gioli choisit très souvent dans le corpus de ce que l’on nomme le pré-cinéma.
– Remains to be seen
Phil Solomon, USA, 16mm, 1989, 17’
Les films de Solomon (certains réalisés en collaboration avec Stan Brakhage) sont empreints de cette densité visuelle et ’morale’, souvent noire, qui est devenue le trait distinctif de son cinéma. Pour "Remains to be seen" il utilisa des traitements chimiques et optiques qui recouvrent le film d’une membrane de cristaux flottants qui deviennent argentés en se coagulant. Les images qui en resortent sembleraient appartenir à un "théâtre de la chirurgie".
– The death train
Bill Morrison, USA, 16mm, 1993, 17’
"The death train" fut initialement conçu pour faire partie d’un opéra.
Une histoire du cinéma se joue pendant la durée du film. Des séquences de train et des animations du Zoetrope sont distribuées avec des bandes d’actualité et des films éducatifs des années ’50. Chaque photogramme y représente un compartiment du train, qui s’arrête devant nos yeux afin d’être observé, et qui vit ainsi sa vie dans cette projection, alors qu’il est transporté dans l’au-delà.
+ Schichtwechsel
"Schichtwechsel" est un film autour de ces éléments inscrits sur une pellicule mais qui ne se voient pas forcément pendant une projection. Fluidement nous sommes transportés "dans" et "autour" des images projetées, un peu comme si l’objectif de la caméra rentrait et sortait de celles-ci, la bande son contribuant à créer une sorte de suspension temporelle.