Le réalisateur canadien Steve Reinke maîtrise l"art de s"opposer aux conventions courantes du langage visuel. En s"appropriant les images de films et de vidéos qui vont de l"image d’archive, l’animation, les talk-shows, les films amateur au porno et au film éducatif, Reinke crée des fictions débordant d’humour noir.
L"¦uvre de Reinke épargne rarement au spectateur ou au média la touche de réalité crue. L’esthétique clairement low budget, avec des mouvements de caméra tremblants, un mauvais éclairage et des images floues, reflète l’imperfection de la réalité chargée de libido dans laquelle nous vivons. C"est aussi de là qu"est issue la relation ambiguë que Reinke entretient avec la beauté conventionnelle : il semble vouloir la miner par une stratégie consciente en l"associant fréquemment à la banalité ou à l"ennui.
The peripheries of stuff