Cette séance comprend trois films questionnant l’éthique de la réalisation d’une oeuvre filmique dans un pays étranger. Trois regards sur "l’autre", mais surtout sur la place et la pratique du cinéaste ethnographe.
Nachtelijke bezoekers
An van Dienderen, Bel., 1998, 34", VO NL ST ANG / VL OV ENG OND, Video
Filmé en vidéo légère et en Super 8, ce premier film d’ An van Dienderen parle du fossé qui existe entre le film que l"on prévoit avant de commencer à filmer et celui que l"on obtient en fin de parcours. "Visiteurs de la nuit" est né d’une curiosité personelle sur une société matriarcale : les femmes Mosuo au Yunnan, en Chine. D’autre part ce film est aussi le trajet personnel vers une prise de conscience d"une culture "autre". Un film subjectif, non-scientifique, et très cinématographique(!).
Eth(n)ique
Laurent Van Lancker, Bel., 2001, 25", V FR V, Video
Film autobiographique qui relate l’échec de la réalisation d’une première oeuvre audiovisuelle. Eth(n)ique oscille entre le carnet de route et des reflexions anthropologiques. Confronté à l’univers des ethnies minoritaires du Nord-Vietnam, des questionnements éthiques surgissentŠ Produit et réalisé dans l"esprit de règles artisanales, ce film mélange photos, dias, vidéo, textes ecrits et commentaire personnel.
Reassemblage
Trinh Tinh Minh-ha, USA, 1982, 40", VO, 16mm
Premier film de cette cinéaste politico- poétique qui réussi à condamner le regard colonialiste et voyeuriste, tout en créant une oeuvre filmique d’une originalité étonnante. Trinh travaille à partir de positions d’intervalles : entre les cultures, entre les genres, entre la parole / image, entre le cinéaste / public. Dans ce film elle déconstruit à partir de l’image et du montage l’idée "anthropologique" du Sénégal. Utilisant les techniques de montage les plus audacieuses, elle dérange le spectateur, tout en créant un discours mélangeant cinéma et anthropologie, pour créer une oeuvre rythmique qui joue sur son propre rôle de insider/outsider au Sénégal.