Premier long-métrage de Diop-Mambety, "Touki Bouki" nous conte l’histoire d’un jeune couple sénégalais, Mory et Anta, quelque peu désaxé dans la société qui l’entoure et qui rêve d’émigrer à Paris. En moto ou en voiture, Mory et Anta vadrouillent ou fuguent dans Dakar, commettant des larcins dans l’espoir de réunir l’argent qui leur permettrait de partir. Mais Paris n’est qu’un prétexte et un leurre, car pas plus que Dakar celle-ci pourrait offrir un havre de paix à leur désillusion.
A l’époque de sa sortie, dans les années ’70, "Touki Bouki" apparut tel un ovni (et, quelque part, l’était et le reste). On évoquait des films comme "Pierrot le Fou" ou "Easy Rider" pour annoncer cette oeuvre bizarre et excentrique qui ne ressemblait à aucune autre dans le panorama du cinéma africain. Vous y verrez un film "nouvelle vague version africaine", si, impérativement, vous voudrez l’étiquetter ; ce qui est sûr c’est que "Touki Bouki" s’inscrit dans une tradition narrative orale qui est bel et bien africaine.
+ Jaune Minimum
1995, horloge de la gare du Quartier Léopold. Départ - arrivée, restauration, temps. Centralité de la couleur. Point - surface - lumière. Jaune. Filmé par Christian Troberg - super8.