A PROPOS DE LA COMMUNE DE PARIS

Parmi les grandes dates du mouvement ouvrier, la Commune de Paris tient une place particulière. Dernière révolution du XIXe siècle, c’est aussi la première tentative de prise en main par les ouvriers de leur destin... Nous sommes en 1871. Après avoir cédé l’Alsace et la Lorraine, laissé les troupes prusses défiler dans Paris, et transporté l’Assemblée à Versailles, Adolphe Thiers supprime la solde des gardes nationaux. Le 18 mars à l’aube, il tente de faire reprendre leurs canons. C’est l’explosion. Affamés, armés et coupés du gouvernement de Versailles, le peuple de Paris élit un gouvernement révolutionnaire. Thiers se replie à Versailles. La Commune est proclamée. "Le 18 mars, le peuple rompit définitivement avec la vieille tradition monarchique et jacobine, également affolée d’unité, également intoxiquée de l’idée empoisonnée d’un Pouvoir fort. Le 18 mars, le peuple déclara qu’il fallait sortir du cercle vicieux, couper le mal dans sa racine, non plus changer de maître, mais cesser d’avoir des maîtres..." (Arthur Arnould). Les Communards, à 80% ouvriers et artisans, développèrent un programme socialiste et fédéraliste ; prenant des mesures révolutionnaires qui engangèrent la France dans la voie d’une République sociale, réorganisant l’économie au profit des travailleurs et instaurant, avant Jules Ferry, l’éducation gratuite et laïque ; réquisitionnant les locaux abandonnés au profit des coopératives ouvrières, abolissant le travail de nuit, supprimant les amendes opérées sur les salaires par les patrons, rééquilibrant les rapports entre hommes et femmes... Mais les troupes versaillaises obligent les Communards à mobiliser leur énergie pour la guerre. A 20.000 contre 130.000, les Communards sont enfoncés dès le 21 mai 1871, dans un carnage qui reste dans les mémoires sous le nom de "La semaine sanglante". Dans les jours qui suivent, 38.000 personnes sont arrêtées. Quatre conseils de guerre fonctionnèrent jusqu’en 1874. Il y eut 10.042 condamnations et 3.761 condamnations par contumace. Certains furent condamnés à mort et fusillés. Le plus grand nombre fut déporté dans les bagnes de NouvelleCalédonie ou de Guyane. L’amnistie, votée en 1880, ramena en France les derniers exilés survivants.