Considéré comme une oeuvre de choix dans la filmographie de Jurácek, cette satire fantastique et absurde est également un des films les plus importants de la nouvelle vague tchèque. "Un cas pour l’apprenti bourreau" propose une adaptation du troisième tome du "Voyage de Gulliver". Le long d’une route ne menant nulle part, Lemuel Gulliver ne peut éviter un accident de voiture provoqué par un lièvre en costume. Alors que le protagoniste regarde l’intérieur de la poche du lapin, il tombe dans la ville de Laputa. Lors de son périple, il sera confronté à une réalité hors du commun : un pays ayant supprimé le mois de novembre (pour raison ’médicale’), une académie des inventions où chaque membre est silencieux...
Film politique utopique et, en même temps, conte de fées, "Un cas pour l’apprenti bourreau", interdit peu après sa sortie en salle, a mis un terme à la carrière de Jurácek.
+ *Josef Kilian (Postava K. Podirani )
+ Josef Kilian (Postava K. Podirani )
Pavel Juracek & Jan Schmidt, 1963, CZ, 35mn, vo st fr, 31'
La référence à Kafka - à qui il arrivait d’éclater de rire quand il lisait ses histoires à ses amis - est inévitable. Car Josef Kilian, malgré son thème - la naissance d’un sentiment d’angoisse et de culpabilité - est d’abord un film comique. Un quidam à la recherche de quelqu’un que beaucoup connaissent, mais que personne ne peut localiser, cède à une impulsion soudaine : il loue un chat pour la journée. Cela va l’entraîner dans des péripéties dont "l’inquiétant étrangeté" est àla mesure de leur banalité, les gestes les plus prosaïques se révèlant chargés de lourdes menaces. Juracek et Schmidt se sont rencontrés à la F.A.M.U., ils ont tourné le film avant de faire leur service militaire. À l’époque, le film stupéfia par son insolence envers le régime en place à Prague. Il n’a rien perdu de sa causticité.