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The Life and Death of Colonel Blimp

On n’insistera pas sur l’immense maîtrise et le talent bien connus de Michael Powell et Emeric Pressburger. Leur insolence est par contre moins notoire. Alors quand le Ministère de l’information britannique découvre leur prochaine production, après leur époustouflant et culotté film de propagande "49ème parallèle", l’ex-commanditaire ne s’attend pas à une provocation pareille, ni à un film d’une telle ampleur. Au point que Churchill en personne tenta d’empêcher la production et la sortie de "Colonel Blimp" !

A travers une histoire d’amour pour la même femme sous différentes incarnations (toutes jouées par Deborah Kerr) et une histoire d’amitié indéfectible entre un officier anglais (inspiré du Colonel Blimp des années 30 du caricaturiste David Low) et un officier allemand, les deux cinéastes nous proposent une analyse de l’attitude de l’Angleterre dans ses guerres coloniales et les deux guerres mondiales... Et ce en 1943 ! Et si ce long métrage où pas un coup de feu n’est tiré, a toute sa place dans cette programmation, c’est que tout se joue après une guerre... et donc avant une autre. Les scènes les plus marquantes étant celles où Anton Walbrook (qui joue l’officier allemand, Theo Kretschmar-Schuldorff) se désole auprès de Roger Livesey (le "Colonel Blimp" du titre alias Clive Candy) de la perte de la guerre de 14 en en prophétisant les conséquences néfastes, alors que les officiers anglais se réjouissent et se moquent ; et la scène où il cherche asile en Angleterre au début de la guerre en cours, fuyant le nazisme et ses enfants embrigadés. Ultime problème pour la censure anglaise : l’Allemand est toujours sensible et lucide tandis que l’Anglais, bien que bonhomme, se trompe d’attitude et d’angle analytique.

Cette histoire non manichéenne est magnifiée par les couleurs d’un Technicolor des plus recherchés, éblouissant et unique dans le cinéma européen, et par une mise en scène d’une finesse confondante, avec ses flashback et forward à en donner le vertige, sans oublier ses dialogues succulents. La grande classe anglaise !

09.09 > 20:00 + 23.10 > 21:00
The Life and Death of Colonel Blimp

Over het onovertroffen filmtalent van Michael Powell en Emeric Pressburger hoeven we niet door te bomen, dat staat buiten kijf. Na het verbluffende "49th Parallel" gaf de Britse overheid het duo opnieuw de opdracht voor een propagandafilm. Maar de opdrachtgever verwachtte allicht niet dat het resultaat de vrij provocerende film “Colonel Blimb” zou opleveren. Naar verluidt trachtte Churchill zelf nog de vertoning van de film te verhinderen.

Het verhaal ontrolt zich rond de niet aflatende vriendschap tussen een Britse officier (geïnspireerd door Colonel Blimp van de cartoonist David Low) en een Duitse officier, en de liefde voor een vrouw die in verschillende incarnaties in de film opduikt (alle vertolkt door Deborah Kerr). De twee filmmakers analyseren in de film de houding van Engeland in de koloniale oorlogen en de wereldoorlogen... en dit al in 1943 ! Iets wat opperbest past in dit programma want het verhaal speelt zich af net na de ene oorlog... en dus net voor de andere weer begint. De meest memorabele scènes zijn die waar Anton Walbrook (de Duitse officier) het verlies betreurt van de oorlog van 14-18 en de negatieve gevolgen daarvan voorspelt, terwijl de Engelse officieren erom juichen en er de spot mee drijven. Een andere opmerkelijke scène is die waar de Duitse officier asiel zoekt in Engeland, op de vlucht voor het nazisme. Het probleem voor de Engelse censuur was dat de Duitser het gevoelige en lucide personage is, terwijl de Engelse collega’s de bal steeds misslaan met hun botte houding en verkeerde analyses.

De kleuren van de Technicolor zijn schitterend en de mise-en-scène is zeer verfijnd. De flashbacks en flash forwards zijn evenals de spitse dialogen befaamd. Fijne Britse humor overheerst ondanks de donkere periode waarin de film werd gedraaid. "The Life and Death of Colonel Blimp" behoort tot het meest opwindende en ontroerende uit de geschiedenis van de cinema. Grote Engelse klasse !

09.09 > 20:00 + 23.10 > 21:00
Let There Be Light

Si vous revenez de la guerre en proie aux cauchemars, que vous ne savez plus marcher ou qu’étrangement, vous vous mettez à pleurer pour un oui ou pour un non, pas de problèmes ! L’armée américaine vous a concocté un petit programme de remise en forme : quelques séances d’hypnoses, deux-trois discussions avec un psy, du sommeil et hop, hop, hop, vous revoilà d’aplomb pour repartir au combat, au base-ball ou au fin fond du Mississippi. Testé à Long Island, filmé en 1946 par John Huston alors mobilisé, "Let There Be Light" vous en donnera quelques petits exemples spectaculaires. Que la lumière soit, certes, mais surtout "Lève-toi et tais-toi ". Seulement, voilà, ça parle beaucoup dans ce documentaire. Ça pleure, ça souffre, ça se dit... L’horreur, l’effroi, la douleur ne sont jamais loin derrière l’optimisme enthousiaste de cette voix off un poil hystérique. Malgré une partie de base-ball mémorable, l’état Major fut si peu convaincu par l’efficacité propagandiste du film qu’il le retint dans ses tiroirs jusqu’en 1981.

Pour une petite mise à jour du programme santé, voire page 3 : "Of Men and War".

25.09 > 18:00 + 02.10 > 22:00 + 22.10 > 19:00
Let There Be Light

Word je na de terugkeer uit de oorlog geteisterd door nachtmerries ? Ben je invalide of begin je bij het minste te huilen ? Geen probleem ! Het Amerikaanse leger stelde een programma samen om je terug in vorm te krijgen : enkele hypnose-sessies, twee of drie gesprekken met de psycholoog, heel veel slaap en hop, je bent weer klaar om de strijd aan te gaan, een partijtje baseball te spelen of de Mississippi af te varen. Het programma werd getest op Long Island en in 1946 gefilmd door filmregisseur en acteur John Huston die destijds voor het leger was gemobiliseerd. "Let There Be Light" toont enkele spectaculaire voorbeelden. Laat er licht zijn, maar nog belangrijker is het credo "sta op en hou je mond." Nu wordt er in deze documentaire net erg veel gepraat. Er wordt gehuild, geleden en gesproken over de verschrikkingen van de oorlog. De horror en de pijn zijn nooit ver weg, ondanks het enthousiaste optimisme van de ietwat hysterische commentaarstem. Een memorabele partij honkbal volstond niet om de Amerikaanse overheid te overtuigen van het gewenste positieve propagandadoel van de film, en daarom blijf hij tot 1981 in de kast liggen.

Voor een update van het gezondheidsprogramma, zie pagina 3 : "Of Men and War”.

25.09 > 18:00 + 02.10 > 22:00 + 22.10 > 19:00
Birth of a Nation

Une guerre civile fondatrice des Etats-Unis modernes, une guerre où les questions d’esclavagisme et de racisme sont centrales. Et puis ce film, sorti en 1915, qui donne le ton pour le cinéma formel à venir. Mais un film au message hallucinant, l’un des pires de l’histoire du cinéma.

Un film pro Klu Klux Klan (si si) qui raconte, d’après un roman, la difficile reconstruction du sud des États-Unis dévasté par la guerre de sécession. Ce sud est vu par le prisme de deux familles amies, qui s’affrontent sur les champs de bataille pour mieux encore se déchirer par la suite ; des histoires d’amours croisées (mettant en scène la légendaire Lilian Gish), dans la grande tradition épique... S’il ne suffit pas de dire que la guerre est finie, il l’est encore moins d’annoncer que les hommes sont égaux après avoir aboli l’esclavage.

A sa manière, qui choqua déjà à l’époque, suscitant émeutes et boycott, mais aussi soutien et renaissance du Klan, le chef d’œuvre de Griffith se transforme en sacré grain de sable dans la machine à faire croire que l’art, la morale et le progrès marchent main dans la main. "Birth of a Nation" dérange et fascine toujours aujourd’hui. Avec ses personnages noirs joués en grande partie par des blancs, ses clichés éhontés et essentialistes. Mais il marque aussi par sa science du montage, l’efficacité du récit, les mouvements de caméras, les séquences colorisées, la maîtrise des grandes scènes d’extérieurs (la guerre, la poursuite finale) et des scènes d’intérieures intimistes (notamment l’assassinat de Lincoln par John Wilkes Booth, incarné par Raoul Walsh !).

"Birth of a Nation" est un véritable monstre de cinéma, un film fondateur à l’aune duquel on juge encore les tentatives de film épique ou traitant d’un sujet proche.

Depuis quelques années, le film est tombé dans le domaine public. L’occasion était donc trop belle de le réinterpréter en lui préparant une bande son live maison à base de musiques d’époque, field recordings, discours détournés historiques ou actuels, et bien sûr quelques interventions de musiciens surprises. Nul doute que ce live soundtrack non conventionnel résonnera d’une façon très particulière au moment même où les questions raciales resurgissent de manière frontale dans le "Land of the Free" !

14.10 > 20:00
Birth of a Nation

Een burgeroorlog die aan de basis ligt van de huidige Verenigde Staten, en waarin de slavenproblematiek en het racisme sleutelelementen zijn. In de vroege dagen van de filmindustrie werd er een film over gemaakt die uitkwam in 1915, en die de fundamenten legde voor de toekomstige cinematechnieken. Maar het is een film met een hallucinante boodschap, een van de ergste ooit in de filmgeschiedenis.

Een pro Ku Klux Klan-film (echt waar) die gebaseerd is op een roman en de moeizame heropbouw van de V.S. verhaalt, verwoest door de afscheidingsoorlog. We zien dit door het prisma van twee bevriende families die tegenover elkaar komen te staan op het slagveld. Daarin zit een liefdesverhaal verweven (vertolkt door onder andere de legendarische Lilian Gish) in de beste epische traditie... Net zoals het niet volstaat te zeggen dat de oorlog afgelopen is, volstaat het ook niet te beweren dat iedereen gelijk is na het afschaffen van de slavernij...

Op geheel eigen wijze vormt het meesterwerk van Griffith, dat destijds reeds geboycot werd en rellen veroorzaakte, maar ook leidde tot hernieuwde steun voor de KKK, een zandkorreltje in de raderen van de machine die ons laat geloven dat kunst, moraal en vooruitgang hand in hand gaan. Zoveel jaar na datum verontrust en fascineert "Birth of a Nation" nog steeds. Met zijn zwarte personages die grotendeels door blanken vertolkt worden, zijn schaamteloze clichés en essentialistische ideeën. Maar hij maakt ook indruk met de doordachte montage, het treffende verhaal, de camerabewegingen, de kleurrijke scenes, de meesterlijk gefilmde massascènes (de oorlog, de eindachtervolging) en de intimistische binnenopnamen (de moord op Lincoln door John Wilkes Booth vertolkt door Raoul Walsh !).

"Birth of a Nation" is een dijk van een film, een grensverleggende film die nog steeds een referentie is. Enkele jaren geleden kwam de film in het publieke domein terecht. De gelegenheid was te mooi om te laten liggen. Een huisgemaakte Live Soundtrack hervertolkt de film op basis van muziek van toen, veldopnamen, historische en hedendaagse speeches, en natuurlijk enkele verrassende muzikale tussenkomsten. Deze Live Soundtrack klinkt ongetwijfeld verrassend actueel op het moment dat de rassenkwestie weer in het brandpunt van de belangstelling staat in het “Land of the Free” !

14.10 > 20:00
Thomas Sankara

Après la projection de "Twaaga", histoire d’une réappropriation du mythe Sankariste en mai dernier lors des séances "Africa is/in the future", "Capitaine Thomas Sankara" retourne aux sources de cette figure devenue légendaire qu’est l’ancien président burkinabé, Thomas Sankara, au travers d’un documentaire constitué uniquement d’archives visuelles et sonores.

Une soirée organisée en partenariat avec le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM), en hommage à Thomas Sankara, le jour de la commémoration de son assassinat.


Intro Thomas Sankara

Na de vertoning van “Twaaga”, een remake van de Sankara-mythe die afgelopen mei tijdens de module "Africa is/in the future" vertoond werd, zien we Kapitein Thomas Sankara opnieuw terug. We gaan op zoek naar de man achter de legende van Thomas Sankara, de voormalige president van Burkina Faso, met een documentaire die geheel bestaat uit beeld- en geluidarchieven.

Een avond georganiseerd in samenwerking met CADTM, als hommage aan Thomas Sankara, op de dag dat wij zijn moord herdenken.


Capitaine Thomas Sankara

"Capitaine Thomas Sankara" - refusé au Fespaco (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou) en 2013, dans un Burkina Faso encore dirigé par Blaise Compaoré – dresse, au travers d’extraits issus des médias locaux et d’autres images capturées en Super 8 en 1985, le portrait d’un homme anticonformiste et visionnaire, devenu aujourd’hui une icône de la jeunesse africaine, tel Lumumba. De 1983 à 1987, sous Sankara, le peuple burkinabé accomplit des avancées spectaculaires dans des domaines décisifs : émancipation des femmes, alphabétisation, reforestation, souveraineté alimentaire, maîtrise de l´eau et de l’agriculture.

Impertinent, on le voit aux côtés de Fela Kuti, grattant sa guitare, mais aussi de Khadafi ou de Fidel Castro. L’air paternaliste, Mitterand avoue dans une séquence : "avec lui on ne dort pas en paix" !

L’approche emphatique et le montage assumé du réalisateur nous permettent de devenir si proche de Sankara que la fin du film nous laisse un sentiment soudain de tristesse, comme si nous avions oublié qu’il avait été assassiné il y a 29 ans...

Dans un de ses derniers grand discours, à la conférence des pays de l’OUA en 1987, Thomas Sankara dénonce tout un système politico-économique étonnamment actuel : "La dette ne peut pas être remboursée parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir".

La projection sera suivie d’un débat en présence de Bruno Jaffré, biographe de Sankara.

15.10 > 20:00
Capitaine Thomas Sankara

"Capitaine Thomas Sankara" – geweigerd op het Fespaco festival (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou) in 2013, in een Burkina Faso dat toen nog geleid werd door Blaise Compaoré – toont aan de hand van fragmenten uit de lokale media en andere Super 8-beelden gemaakt door de regisseur in 1985, het portret van een non-conformistische en visionaire man, die uitgroeide tot een icoon voor de Afrikaanse jeugd, net zoals Lumumba. Van 1983 tot 1987 ging de bevolking onder leiding van Sankara er spectaculair op vooruit op tal van domeinen : vrouwenemancipatie, alfabetisering, herbebossing, voedselsoevereiniteit, water en landbouw. Zoals we te zien krijgen was President Mitterand er niet gerust op.

We zien Sankara naast Fela Kuti, maar ook naast Khadafi en Fidel Castro. De empathische benadering en de bijzondere montage van de regisseur brengen de figuur van Sankara zeer nabij, zodat het abrupte einde een gevoel van tristesse nalaat, alsof we vergeten waren dat hij 29 jaar geleden vermoord werd.

In een van zijn laatste belangrijke toespraken, tijdens de conferentie van de Organisatie van Afrikaanse Eenheid in 1987, stelde Thomas Sankara het hele politiek-economische systeem van de kaak : "De schulden kunnen niet worden terugbetaald, want als wij niet betalen zullen onze geldschieters niet doodgaan. Als wij daarentegen betalen, dan zijn wij het die doodgaan.”

De voorstelling wordt gevolgd door een debat in aanwezigheid van Bruno Jaffré, biograaf van Sankara.

15.10 > 20:00
http://www.nova-cinema.org/spip.php?page=print&id_rubrique=2182