Au fil de sa carrière, Joël Séria nous a offert une vision iconoclaste de la société. De l’univers étouffant d’un pensionnat pour jeunes filles ("Mais ne nous délivrez pas du mal", montré en 2007 au Nova), à la rencontre improbable d’un beauf de province et d’un macro sur la tangente ("Les deux crocodiles"), Séria n’a eu de cesse de nous dépeindre une France profonde à coups de couleurs criardes, telles celles utilisées par le peintre-colporteur de parapluies des "Galettes de Pont-Aven", son plus grand succès. Et puis, il y a Jeanne Goupil, sa femme dans la vie et son icône féminine dans ses films où l’innocence est en question. Sans oublier la marque de fabrique du réalisateur : ses répliques truculentes portées au rang de culte par son acteur fétiche, Jean-Pierre Marielle. Et quand, dans "Les galettes", ce dernier profère avec amour à une Andréa Ferréol extasiée, "tu sens la pisse, toi, pas l’eau bénite", on y croit ! L’art du contre-pied transformant des séries B en petites merveilles, c’est bien là le principal talent de ce septuagénaire toujours actif, dont deux films représentatifs vous sont présentés ce soir en sa compagnie, et celle de sa concubine.
En présence de Joël Séria et Jeanne Goupil




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