Avi Mograbi est israélien et pour lui, le réel est devenu infilmable. Prolongeant la veine qui caractérisait ses deux opus précédents, le cinéaste imagine de filmer son pays en août, mois qui à ses yeux caractérise tout ce qui est détestable en Israël. "La vie en Israël devenait insupportable, et ce, dès un an avant le début de l’intifada actuelle. L’atmosphère dans les rues était hallucinante de violence. J’ai décidé de sortir dans la rue et de filmer ce que j’y voyais. Un an après, en août 2000, j’ai décidé de recommencer. Dans la rue, je n’ai pas rencontré de violence en tant que telle. Mais j’ai été constamment obligé de défendre mon droit à filmer et j’ai essuyé de très nombreuses agressions contre ma caméra". Dans "Août", entre journal intime et chronique sociale, trois strates s’enchevêtrent. La première voit le réalisateur, sa femme et son producteur se chamailler dans son appartement. La deuxième est un film avorté sur la veuve de Baruch Goldstein (l’auteur du massacre de vingt-neuf Palestiniens à Hebron), constitué d’un casting au cours duquel de jeunes actrices s’évertuent à jouer le rôle de celle-ci. La troisième enfin montre Mograbi et sa caméra dans la rue israélienneŠ "Forcer mon personnage à affronter un problème politique me permet de pousser ce problème un peu plus loin et de le poser dans des termes concrets d’une situation quotidienne à résoudre". "Août" est tout à la fois une blague juive, un vrai film politique, fort et dérangeant.
Wait it’s the soldiers, I have to hang up now Israel, 2002, 13 min., vo st ang. Projeté en exclusivité le soir de la rencontre avec Avi Mograbi, voici son tout dernier court métrage. Avril 2002. Avi est à Tel Aviv, il converse au téléphone avec le réalisateur belgo-palestinien George Khleifi qui, lui, est à Ramallah. Au moment où l’armée israélienne y opère une nouvelle incursionŠ







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