Naked Lunch

Le festin nu

David Cronenberg, 1991, CA, 35mm, vo en st fr, 115'

"Je me suis éveillé de la Maladie à l’âge de quarante-cinq ans, sain d’esprit et relativement sain de corps, si j’excepte un foie affaibli et ce masque de chair d’emprunt que portent tous ceux qui ont survécu au Mal... La plupart des survivants ne se souviennent pas du délire dans tous ses détails. Il semble que j’aie enregistré mes impressions sur ce mal et son délire, mais je n’ai guère souvenir d’avoir rédigé les notes que l’on a publiées en langue anglaise sous le titre Naked Lunch. C’est Jack Kerouac qui m’a suggéré ce titre et je n’en ai compris la signification que très récemment, après ma guérison. Il a exactement le sens de ses termes : le festin NU - cet instant pétrifié et glacé où chacun peut voir ce qui est piqué au bout de chaque fourchette" (William Burroughs).

L’adaptation de l’œuvre majeure de Burroughs par Cronenberg a cette qualité rare de garder l’esprit premier du roman tout en évitant une traduction littérale. Cronenberg infuse sa marque personnelle à ce roman qu’on croyait inadaptable (après les tentatives de Gyson et Zappa), et le résultat est une véritable fusion de deux univers également obsessionnels : la biographie fantasmée par Cronenberg d’un Burroughs des années 50, qui après avoir tué sa femme par accident quitte New York pour Tanger, puis Tanger pour l’Interzone. Fuyant les flics des stups et les Contrôleurs de Viande noire, Bill Lee se shoote au poison pour cafards et fait d’étranges rencontres : l’ambivalent Dr Benway, les écrivains décadents Tom et Joan Frost, le monstre Mugwump, et sa machine à écrire qui se transforme en cafard...

26.01 > 22:00 + 12.02 > 22:00