+ Calais - la dernière frontière
Marc Isaacs, 2003, GB, video, vo st fr, 59'
Pour certains touristes britanniques peu fortunés, Calais ca signifie les vacances à bon marché et les produits détaxés. Pour d’autres « voyageurs », venus de pays tourmentés, c’est la dernière étape (Sangatte) avant d’atteindre la terre promise. Le film de Marc Isaacs offre une confrontation saisissante entre ces deux mondes que tout sépare. Perdus au milieu de ces allées-venues, il y a aussi quelques Anglais qui se sont installés à Calais en espérant y faire des affaires et qui finalement se retrouvent endettés. Et tous semblent désemparés, pris au piège de la modernité dans cette ville de transit. L’art documentaire de Marc Isaacs consiste à rendre les personnages de ces films dans toute leur vérité, dans toute leur beauté aussi. Sa caméra sait se faire oublier, pour qu’il ne reste plus que la rencontre entre un documentariste qui cherche à élucider le réel et quelqu’un qui se débat avec ce même réel. La complicité qu’il parvient à créer nous vaut des moments bouleversants ou tragi-comiques. Comme cet Afghan, seul au monde et dénué de tout, qui essaie des bonnets invraisemblables et qui se retourne vers son son ami-réalisateur pour solliciter son avis. Ou encore comme cette femme aux allures de Castafiore qui confie - entre deux coups de bluffs pathétiques - l’histoire de sa vie, celle des camps où elle fut internée, celle de sa mère dont elle fut séparée à jamais. Ce genre de retournement dont Marc Isaacs est familier nous montre la complexité de l’humain et nous garde de trop vite juger.
+ The Lift
Marc Isaacs, 2001, GB, video, vo st fr, 25'
Un ascenseur dans un immeuble populaire de l’East End londonien. C’est ici que Marc Isaacs s’installe pendant plusieurs jours avec sa caméra. Au début, les résidents sont interloqués, réagissant parfois avec nervosité. Mais rapidement le réalisateur se fait accepter par ceux-ci, qui d’ailleurs finissent par trouver tout naturel de le retrouver là, jour après jour, et d’être interrogé sur leurs rêves, sur leur vie sentimentale, sur leur humeur, sur les petites choses de leurs vies quotidiennes. Vers la fin du tournage l’ascenseur sera finalement ce lieu où passer un moment agréable de la journée, pour y partager une conversation ou un repas avec Marc. A travers cette galerie de personnages qui défilent dans l’ascenseur, Marc Isaacs dessine le microcosme d’un quartier de l’Est londonien, avec ses côtés populaires et son grand mélange ethnique. Une impression de microcosme accentuée par des gros plan de machinerie ou d’insectes (autres habitants de l’immeuble !) qui jalonnent le film.






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