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Weekend annulé

Longée par la rue Royale Sainte-Marie et dominée par l’église Saint-Servais, la place Lehon est située au coeur d’un quartier populaire et culturellement très mélangé de Schaerbeek. Dans les environs immédiats, il existe très peu de parcs ou d’espaces publics. La place Lehon est ainsi animée en permanence par les familles et habitants de tous âges qui y jouent où s’y reposent. C’est un lieu de vie, de lien social, un rare espace de respiration dans ce quartier très dense et asphyxié par le trafic automobile. Alors qu’une rénovation de la place Colignon est actuellement dans l’air (notamment dans la perspective de l’arrivée d’une station de métro), et que l’avenue Louis Bertrand va se transformer en promenade piétonne, la Commune de Schaerbeek a annoncé au printemps 2016 sa volonté de construire un parking souterrain de 260 places sur trois niveaux sous la place Lehon. Des riverains se sont réunis pour lutter contre ce projet, qu’ils estiment néfastent pour la qualité de vie du quartier, que ce soit en termes de pollution, d’espace public ou encore d’augmentation du trafic dans un quartier déjà saturé par l’automobile. D’autres groupes les ont rejoints dans cette mobilisation, la question de la mobilité étant très sensible dans cette commune où il ne se passe pas une année sans que le trafic automobile ne tue une personne, et n’en blesse une quinzaine d’autres. En juin dernier, la commune a finalement abandonné le projet de parking sous la place Lehon au motif que la société Interparking, seule candidate pour le construire, avait des exigences financières trop importantes. Pour les habitants, c’est un soulagement. Mais les problèmes de mobilité dans le quartier restent entiers…



Concert

Mistika

Le trio Mistika est composé de Tanar Çatalpınar (guitare, saz, cümbüş & chant), Nicolas Hauzeur (violon) et Nil Görkem (percussion et danse). Ils nous apportent sur scène la richesse de l’Anatolie et de ses environs, en mêlant danse et musique traditionnelle. La musique et les arts populaires de l’Anatolie connaissent des influences multiples : la tradition des troubadours, l’héritage des populations kurde, arménienne, hellénistique, pontique ; les apports modaux Perse, Arabe, Celdaniet et finalement Turque, mais aussi des Sépharades chassés d’Espagne et accueillis par le Sultan Soliman, les offices religieux des Alévis, la musique de la cour ottomane, le soufisme, les chants grégoriens des minorités chrétiennes, sans oublier la culture des communautés nomades (Yörük, Roms,…). Le pari du trio est de présenter, avec des accents contemporains et résolument engagés, l’articulation douloureuse mais prolifique de ces composantes culturelles : la recherche incessante de nouveaux modes d’expression, d’existence.

17.08 > 20:00 + 17.08 > 23:30


Films

La place

Essaha

Dahmane Ouzid, 2009, DZ, 35mm, vo ar st fr, 115'

Sorti en Algérie en 2009, voilà un film prémonitoire si l’on songe au fait que les places sont ensuite devenues les lieux de révoltes des "printemps arabes". Au cœur du récit, pas de projet de parking souterrain comme à Schaerbeek, mais une place non aménagée qui est prise en main par la communauté locale, avant d’éveiller l’appétit d’affairistes véreux profitant de l’indifférence des jeunes, trop occupés à fuir leur quotidien maussade, à rêver d’amour et de visas pour la France… Pour être complets, ajoutons que cet espace public se situe au cœur d’une cité de logements sociaux, fraîchement attribués à une cohorte de candidats au terme d’une procédure qu’ils tentent d’éloigner du clientélisme et de la corruption… Voilà planté le décor de ce qui pourrait passer pour une revue des préoccupations de la société algérienne, si Dahmane Ouzid n’avait choisi la forme originale de la comédie musicale : d’un bout à l’autre, son film est traversé de scènes chantées et dansées, mises en musique par les fondateurs de l’Orchestre National de Barbès, passant allègrement du rap au hip-hop ou de la musique traditionnelle à la pop. Inédit à Bruxelles (la projection prévue au PleinOPENair 2016 avait subi les foudres conjuguées de la pluie et du football), cet OVNI cinématographique a des allures de sitcom sociale et parodique !

+ Place Lehon Plein

Collectif, 2018, BE, video, vo fr , 15'

Des habitants se mobilisent pour sauver la place Lehon, un lieu de jeux et de rencontres, essentiel pour la vie du quartier. À travers des témoignages d’habitants et d’autres initiatives citoyennes à Schaerbeek, ce film collectif initié par des riverains évoque l’absence de remise en question de la place de la voiture en ville, qui engendre des projets désastreux et incohérents pour le quartier.

17.08 > 21:30


Concert

Fatoum

Née dans un village des montagnes rifaines du nord du Maroc, Fatoum passe ses cinq premières années dans sa communauté amazighe (berbère), dans laquelle les gens expriment un profond attachement aux rythmes de leur terre. Au début des années 80 viennent les chemins de l’exil, elle émigre alors à Bruxelles avec sa famille. Dès lors – histoires de déracinement ? questions d’identité ? –, la passion pour la musique et le goût des arts du spectacle ne la quitteront plus. Depuis 1997, après des études de théâtre, elle rassemble des fragments de sa mémoire rifaine pour composer des chansons dans sa langue maternelle, mais aussi en français. Et tente, avec sa musique d’inspiration hybride, de rapprocher ces deux rives culturelles. Son répertoire réinvente, comme un miroir tendu à nos sociétés désormais métissées, les mélodies féminines qui mettent en valeur le souffle et le chant transmis par tradition orale depuis des millénaires dans sa communauté natale. Entre deux rives et deux langues, telle est Fatoum, tout en résonances et en poésie. En rencontres, également.

18.08 > 20:00


Films

Who Framed Roger Rabbit

Qui a peur de Roger Rabbit ?

Robert Zemeckis, 1988, US, 35mm > video, ang st fr, 103'

Hollywood, 1947. Eddie Valiant, détective privé, est engagé pour enquêter sur les infidélités de Jessica Rabbit, pulpeuse femme de Roger, la star du Studio de cartoons Maroon. Mais des enjeux bien plus importants qu’une petite partie de "picoti picota" se jouent derrière cette affaire. La spéculation immobilière bat son plein à Los Angeles et Toontown, la ville des dessins animés, attenante à Hollywood, pourrait bien être menacée par un complot visant à ternir sa réputation et à éliminer son farfelu propriétaire, Marvin Acme. Une compagnie mystérieuse met petit à petit la main sur Los Angeles et le ghetto des toons, minorité ethnique qui n’est littéralement pas prise très au sérieux, pourrait faire partie de ses projets de développement… Au-delà de la prouesse technique (sans aucun trucage numérique !), la réussite du mélange d’images réelles et de dessins animés est totale. A l’aide de géniales références et hommages à l’âge d’or d’Hollywood, et au cinéma d’animation américain, le film raconte les malheurs urbanistiques de L.A. Ce fim satirise la réalité historique du démantèlement de ce qui était alors le réseau de transports publics le plus développé au monde, par des intérêts privés liés à l’industrie automobile. Le film ne se prive pas non plus pour évoquer la ségrégation et le racisme, ou encore l’exploitation des petites mains de l’industrie cinématographique. Son inventivité, sa richesse et son insolence devrait lui valoir une grande place dans l’histoire du cinéma hollywoodien, d’autant plus qu’on a du mal à imaginer un studio produire, aujourd’hui, un film pareil.

18.08 > 21:30


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